‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 294 sur 327 · RÉPARATIONS DEMANDÉES · texte numérisé non relu

RÉPARATIONS DEMANDÉES

avaient eu, plus ou moins justement, & se plaindre de Charles VII ou de ses favoris. Parmi ceux à qui les récriminations étaient surtout permises, figuraient, en première ligne, les enfants de Jacques Cœur. L'un d'eux, Çeoffroy Cœur, fut nommé échanson du roi. Bien que, dans les dernières années de sa vie, Charles VII leur eût restitué une partie des biens composant le patrimoine de leur père, ils étaient loin de considérer cette réparation comme complète. Indépendamment de la justice de leur réclamation , la disgrâce d'Antoine de Chabannes, que Louis XI avait toujours regardé comme un de ses ennemis personnels, devait leur faire espérer d'obtenir enfin pleine justice. Charles VII mort, le comte de Dammartin s'était retiré dans une de ses terres pour attendre les événements. La rancune du rai alla l'y chercher. Il donna ordre qu'on le conduisit à Paris et lui fit faire un simulacre de procès. Au bout de deux ans (c'était juste le temf>s qu'avait duré celui de Jacques Cœur), Chabannes fut condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement; mais, ainsi que cela s'était pratiqué dix ans auparavant à l'égard de l'argentier, on substitua arbitrairement la prison à l'exil , et Antoine de Chabannes fut enfermé à la Bastille.

Cependant, les enfants de Jacques Cœur ne négligeaient rien pour faire réformer l'arrêt qui l'avait condamné. Sur une consultation des six premiers avocats de Paris , il fut décidé qu'on plaiderait la validité d'un appel qu'il avait fait lui -môme après sa condamnation, et qu'une nouvelle enquête, avec audition des témoins encore vivants, serait demandée. Bientôt des lettres de Louis XI autorisèrent, dans les termes les plus honorables pour Jacques Cœur, la révision de

Page 1