ET COMMERCE DES VÉNITIENS
et que toutes les nations recherchaient. Il n'était pas jusqu'aux drogues médicinales de l'Orient qui, travaillées par les pharmaciens de Venise, ne décuplassent de valeur. Estil besoin -de rappeler ses admirables cristaux aux formes si élégantes, aux couleurs si limpides, ses glaces que la France a mis des siècles à égaler, ses cuirs dorés? Quant aux perles de Venise, elles seraient, au dire des voyageurs, restées la monnaie courante des peuples de la Nubie l.
Les expéditions maritimes des VéDitiens avaient un caractère de régularité et de puissance dont il est impossible de ne pas être frappé. Tous les ans, sept escadres composées de navires loués par la république à des compagnies mettaient à la voile pour la Romanie, Trébizonde, Chypre, l'Arménie, la Syrie, la Barbarie, l'Egypte, l'Angleterre et la Flandre. D'après une chronique contemporaine, il partit de Venise, en 4433, une escadre pour les ports de Romanie, une autre pour Beyrouth, une troisième pour Alexandrie, une quatrième pour la Barbarie, une cinquième pour la Flandre ; une sixième transporta des pèlerins en Syrie ; enfin, une septième se rendit à Aiguës-Mortes s. Tandis qu'en France les commerçants étaient considérés et traités avec dédain par la noblesse, tombant dans l'excès contraire, la république de Venise avait décidé que les galères faisant partie des escadres commerciales ne pourraient être commandées que par des nobles. Chacune de ces escadres se composait de huit à dix navires d'une construction hardie et pouvant porter de mille à deux mille tonneaux 3. Celle
1 l)efipin(.% loc. cit., t. I, chap. III, pastim.
* tôid., loc. cit., t. II. p. 315 et 319. Notes.
1 Jules Leeoiute, Venitc, ou coup d'util littéraire , artistique et hiuorique sur le* monnment$ de cette cité ; p. 458, t'anenal. — « Les ■ historiens de Venise mentionnent, dès le treizième siècle, des co-