‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 47 sur 327 · DE BARCELONE · texte numérisé non relu

DE BARCELONE

Pins tard, en 1453, la bon r se de Barcelone prêta aussi de l'argent au roi don Alphonse V, mais en y mettant pour condition qu'il ne négligerait rien pour conclure la paix avec le soudan d'Egypte : « Car, disaient sagement les négoo ciants, la guerre nous empêche de faire librement, dans ■ ce pays, un commerce nécessaire à la nation catalane, tet qui est le principe et la clef du commerce en général. « En effet, une fois les relations avec le Levant troublées, t tout autre commerce s'en ressent plus ou moins. » Les premiers peut-être en Europe, les négociants de Barcelone établirent, dans les divers ports étrangers, des consuls permanents chargés du soin de défendre les intérêts des nationaux. D'autre part, si les ordonnances municipales accordaient appui et protection à ceux qui en étaient dignes, elles punissaient sévèrement les falsificateurs , ce fléau du commerce. Tout homme convaincu d'avoir altéré les denrées du Levant avait le poing coupé; les drogues falsifiées devaient être réexportées sur-le-champ. Loin de nuire au commerce de Barcelone , la protection accordée par les ordonnances municipales aux étrangers ajoutait encore à sa prospérité. On comptait, en 4420, dans cette ville, quinte maisons allemandes et treize de la Savoie. De leur côté, les Barcelonais étaient devenus d'habiles banquiers, et un grand nombre d'entre eux s'étaient établis en cette qualité en Italie, en Castille, en Flandre et en France, principalement dans la Gascogne. Comprimées par des règlements minutieux, les corporations de Barcelone se traînèrent sans éclat. Les seules industries ou elles paraissent avoir réussi sont celles des tissus communs, de la verrerie, imitée de Venise, de la maroquiueric et de la pelleterie. Ajoutons que la coutume barbare en vertu de laquelle les habitants du littoral , même dans les pays les plus civilisés, dépouil-

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lurent et volèrent pendant si longtemps les malheureux naufragés, n'existait plus en Catalogne, au moyeu âge. Enfin, les assurances maritimes furent réglées, en 1435, à Barcelone, par une ordonnance très-développée, qui servit de code aux autres nations1.

C'est au milieu des circonstances commerciales dont nous venons de présenter l'esquisse, que Jacques Cœur établit à Montpellier vers 4432, probablement à la suite de son voyage du Levant, le centre de ses opérations. Ces circonstances étaient, on a pu en juger, des plus favorables. Emportées par leur jalousie habituelle, les républiques italiennes se livraient des guerres incessantes , et deux d'entre elles , Florence et Gènes , particulièrement la dernière, étaient en proie aux factions intestines. La plus dangereuse rivale de Montpellier, Marseille, n'appartenant pas encore à la France, ne faisait qu'une partic des échanges que réclamaient les besoins des populations méridionales. Affaiblie d'ailleurs par les luttes malheureuses que soutenait la maison d'Anjou pour recouvrer le royaume de Naples, elle était alors hors d'état de lutter avec les Catalans, ses redoutables voisins, qui faisaient à sa marine une guerre acharnée. Enfin, les facilités accordées par Urbain V à la ville de Montpellier pour le commerce du Levant, constituaient, en faveur de cette ville, un privilège qui, habilement exploité, pouvait avoir les plus heureuses conséquences. Aucun document ne fait connaître les ressources avec lesquelles Jacques Cœur entreprit les opérations qui devaient le rendre célèbre. On n'a pas non plus le détail des développements

1 Depping, toc. cil., t. II, p. 243 à 277 ; Panletwu*. loc. ci/., introducUon, 3e partie, p. clxxx.

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