EXPORTATION DE L'OR ET DE L'AROBNT INTERDITE
« à tous, y était-il dit, souz paine de cors et d'avoir, que « nuls ne porte et ne face porter or, ne argent, ne billon « hors dou roiaume1. »
Les ordonnances sur le change et l'exportation étant sans doute mal exécutées, le gouvernement chargea Pierre Deslandes et Gaucher Vi vien, réformateurs généraux par tout le royaume sur le fait des monnaies, de les remettre en vigueur (1441). Ces commissaires furent armés des pouvoirs les plus étendus. Ils étaient autorisés à saisir au besoin les monnaies dans la bourse des particuliers, à s'informer du nom de ceux qui étaient soupçonnés d'en exporter, à les faire arrêter, à les juger ou faire juger par des délégués, et à les punir corporellement ou criminellement, sans parler d'une amende proportionnée au délit. En 1443, le nombre des maîtres ou fabricants des monnaies fut réduit à sept, par le motif qu'ils avaient été multipliés légèrement et par importunité des requérons. Parmi ceux qui furent maintenus se trouvait ce Ravant le Danois qui avait, dans le temps, affermé à Jacques Cœur l'exploitation de la monnaie de Bourges. Une autre ordonnance de 1443 renouvela l'interdiction de se mêler de change sans autorisation, d'exporter aucunes monnaies décriées, françaises ou étrangères, de faire des contrats ou marchés en stipulant par marcs d'or ou d'argent, et prononça une amende contre les notaires ou tabellions qui se serviraient de termes autres que sols et livres, à moins qu'il ne s'agit de prêt, dépôt, contrat de mariage, vente ou rachat d'héritages*. Cette interdiction arbitraire d'une forme de stipulations rappelant des époques où les valeurs monétaires avaient été violemment
1 Ordonnance» de» rois de France, t. I, p. 324, édition du Louvre, dans Lcber, loc. cit., p. 202.
* Ordonnances de$ toit de France, t. XJII, p. 263, 358, 371 et 386.