SCENE V LesMêmes, LOUIS
La porte du cabinet s'ouvre, Louis paraît sur le seuil. JACQUES.
Ah ! te voilà, toi. A nous deux.
Il se jette sur Louis et en le bousculant le force à s'asseoir sur la chaise de droite.
LOUIS
Quand t'auras fini de faire le méchant i
JACQUES
Je veux te tuer.
MARTHE, s' accrochant à son mari.
Jacques!
JACQUES
Oh ! n'aie pas peur. Nous y passerons tous ; toi et moi. Mais c'est à l'amant à y passer le premier.
LOUIS
C'est une façon commode de payer ses dettes.
JACQUES, le lâchant.
Hein ! Quoi !
LOUIS
Dame! rends-moi mes deux cents francs! 11 sera temps de se battre après, si tu veux..
Il se met en position de boxe.
JACQUES, ricanant.
Tes 200 francs ! Tes 200 francs! Ah! oui, c'est vrai, il paraît qu'il y a quelqu'un ici à qui t'as donné deux cents francs. Eh ! bien ils sont loin s'ils brûlent toujours ! (a Louis. As-tu autrechose à réclamer?
MARTHE, s'approchant de Jacques.
Jacques! encore une fois, je veux que tu m'écoutes. Je te dis que je ne suis pas ce que tu penses!
Oh! par pitié. Elle se jette à ses genoux.
JACQUES
Tiens! au fait, t'as raison. Des êtres comme vous... (ALouis.) Il paraît que je te dois quelque chose à toi,
eh bien, tiens, (U lui jette sa femme dans les bras.) paie-toi,
canaille... quant à moi, je sais ce qui me reste à. faire, (l' prend un couteau sur la table.) et puisquetu l'aimes, eh bien!
Il va pour se tuer près de la porte du fond. MARTHE, arrachant le couteau des mains de Jacques.
Ah! je l'aime!... je l'aime!... Eh bien, tiens, si je l'aime.
Elle frappe Briard qui tombe.
JACQUES
Ah!
MARTHE, se tournant vers Jacques.
Est-ce que je l'aime, dis!
JACQUES, lui tendant les bras.
Oh! ma femme! ma femme!
MARTHE, se précipitant dans les bras ie son mari.
Mon Jacques!