Ibid., p
Le souvenir de leur communauté d'origine inspire à l'auteur un passage qui nous a déjà fourni de précieuses indications sur sa famille :
Nous ne sommes de ioing, je sçay bien qui tu es.
Tu sçais bien qui je suis ; jamais par ses beaux faits
Ton père ne laissa les peaux de sa boutique,
Ny le mien quant et quant de son drap la praclique.
L*un et Tautre en mourant n*a laissé tant de bien,
Qu en un jour ou en deux nous ne le mangions bien.
Nous avons au besoin trouvé un second père.
Le mien estoit mon Oncle, et le tien fut ton Frère.
Tous d'eux furent d*Eglise, mais le tient sceut bien mieux
Que n*a pas fait le mien, faire du marmiteux :
Il sceut bien achepter un riche Bénéfice
Et le mien ne vescut qu'en faisant le service^...
Non que Grévin conçoive la moindre jalousie de celte différence de leur condition. Encore que « pauvret », il aura assez de bien pour atteindre Tûge actuel de Charpentier, cl jusqu'au jour où Charpentier devra subir la loi commune
En allant au gravier des rives ordonnées.
Surtout, ce qu'il n'envie pas à Charpentier, c'est l'origine de sa fortune, c'est « l'argent du pauvre Comte ». Grévin insinue qu'appelé au chevet d'un riche client, et abusant de « l'esprit défaillant » de celui-ci, Charpentier lui aurait arraché des générosités in extremis^ au détriment des neveux, frères et sœurs du mourant, et qu'il se serait tenu heureux d'éviter, par un arrangement, le procès qui le menaçait. L'appeler ensuite « le maistre des usures », suspecter la solidité des connaissances de Guymara en grec, rendre au « Protée » sa forme première de chien enragé, sous laquelle il s'enfuit dans la forêt voisine, tout cela constituait des paroles rclalivemenl anodines après l'accusation