‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 12 sur 262 · H, il · texte numérisé non relu

H, il

5. Les frères Parfaict, Hisloirç du Théâtre françois, t. III. p. 511.

dil-on, du succës de la représentation de Jodelle, se hâtèrent de mettre au ihéAtre deux nouvelles œuvres de Grévin : la tragédie ,1, Crsiir ri la comédie des Eshalm\ La réussite fut encore (Mmi|)lète. Grévin, à Tâge de vingt ans, connaissait le succès le plus éclatant avec des essais d'un genre tout nouveau. Poète officiel, les diverses troupes d'acteurs se disputaient ses pièces, et il avait conquis la faveur du public avec des travaux qui ne tendaient à un autre but dans sa pensée que de le distraire d'occu- |)ations plus sérieuses ou qu'il jugeait plus sérieuses : au sortir du collège, il avait commencé l'étude de la médecine. Ces œuvres tliéAlrales, dont l'apparition marque une date importante dans riiistoiro de notre liltératurc dramatique, avaient pour auteur un jeune étudiant. Investi vers 1556 du titre de maître es arts, qui était la sanction des études scolaires, et quelque chose d'analogue à notre baccalauréat es lettres, Grévin, dès cette époque, mena de front ses études médicales et la poésie.

En même temps qu'il travaillait après Jodelle, et avec plus de mérite que lui, à la fondation du théâtre régulier en France, Grévin, de 1558 à 1559, donnait successivement des poésies détachées ayant pour sujet des événements contemporains : en 1558, les Regretz de Charles d'Austriche, sur l'abdication de Cluirles-Quint (il y joignait la Description du Beaiivoisis et diverses pièces de vers) ; V Hymne au Dauphin y sur le mariage du dauphin François et de Marie Stuart; en 1559, le Chant de joie, sur la paix de Cateau-Cambrésis. Les mariages princiers qui scellèrent cette paix lui inspirèrent une Pastorale, représentée en 1560; Nicolas Denisot, Etienne Jodelle et Jac([ues Grévin lui-même tenaient les rôles des bergers Collin, Tenot et Jaquet. D'après le

i. Journal du Théâtre français, t. I, p. 145-140.

Journal du Théâtre françois, la Pastorale « ne fut pas goûtée* ». Elle rappelait des événements encore trop récents : l'accident survenu à Henri II et le mariage de sa sœur Marguerite célébré pendant son agonie, la veille de sa mort, l/auteur put se consoler de ce léger échec par le succès qu'obtint une reprise de Cémr et des Esbahh\

Cependant il continuait ses études médicales, qui, dans sa pensée, occupaient la première place. Nous avons la chance de pouvoir le suivre à Técole de médecine, grâce à une source d'informations extrêmement précieuse, les Commentaires manuscrits de la Faculté de médecine de Paris, « incomparables annales, écrites de la main des cent quatre-vingt-quatorze doyens qui se sont succédé à la tête de la Compagnie et qui y ont relaté tous les actes importants de leur administration" » depuis 1595 jusqu'en 1786. C'est en 1560 que le nom de Gré vin apparaît pour la première fois sur ce vénérable document. Il y est rapporté qu'en cette année, Jacques Grévin, du diocèse de Beauvais, maître es arts, a fait la preuve de ses quatre années d'études, probavit quatuor annos siii studii\ Il fallait en effet, pour se voir admis aux examens de baccalauréat, être âgé de vingt-deux ans (or nous savons que Grévin naquit en 1538) et avoir accompli le temps d'études réglementaire ou tempus auditionû, qui durait quatre ans\ D'autres mentions nous apprennent que, dans le cours de l'année, Grévin a subi les épreuves du baccalauréat en médecine\

Cette même année 1560, il faisait paraître chez Robert Kslienne un livre de vers bien plus important que les poésies publiées par lui jusqu'à ce jour : VOlimpe de Jaques Grévin de Clermont en Beauvaisis. Ensemble les autres œuvres poétiques

t. Journal du Théâtre françoh, p. 159.

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