Chant du Cigne, y
mùme, compliment qui doit semblor oncore plus flatteur a une souveraine qu'à un souverain :
Vous voyez, entendez, et jugez promptement Par l'œil et par l'oreille et par le jugement De vos sul)jectz, (jui sont fidelles en couraige Va proniptz a bien servir une princesse sage*.
Enfin, il admire en la reine d'xVn<i^leterre une princesse d'esprit cultivé. CjV (\u\\ (lisait à cet égard n'avait rien d'hyperbo lique ;
Vous parlez promptement nostre langue Françoise, L'espagnolle, et thustonne, et latine, et grégeoise. Vous scavcz la vulgaire, et si avez cest heur D'entendre et de respondre a tout ambassadeur, Car vous n'avez besoing de mandier la bouche De ceulx a qui de droict vostre affaire ne touche, Et qui mallicieux ou bien maladvisez Rendent le plus souvent les princes abusez*.
Cette poésie ne vaut pas sans doute les brillantes allégories par lesquelles Spenser méritera un jour la faveur d'Elisabeth. Je reconnais même qu'elle est assez médiocre. Au moins elle ne manque pas d'une certaine adresse, et pouvait d'autant mieux plaire à la souveraine qu'elle venait d'un poète étranger. Une dernière remarque pour finir. Grévin nous dépeint
ces roys misérables Qui trop mal asseurez, et possible coulpables, Haynnes de leurs subjectz et n'estant point aymez, Dedans leurs vieux pallais se tiennent enfermez^.
Il est curieux de trouver la même idée traduite par deux vers de Racine :
Au fond de leurs palais leur majesté terrible Affecte à leurs sujets de se rendre invisible*....