LE SERMENT DU JEU DE PAUME
fe = ta alee bora)
Ebauche au crayon et a lVhuile. Commencement d’exécution, sur la toile, du tableau décrété le 28 déc. 1791. Personnages indiqués au bistre, nus, les habits légérement tracés au crayon. Quatre tétes peintes : celles de Mirasgau, de Dusors- Cranch, du Pére Gérarp et de BARNAVE, ainsi que les mains de ce dernier. Les figures de Rovesprerre, du chartreux Dom Gerte, de l’abbé Gricorre et du pasteur Rasaup Saint-Etienne sont esquissées au bistre.
Muste pu Louvre.
79 *PORTRAIT DU FLUTISTE FRANCOIS DEVIENNE, Pl, XXXII,
T.) He 0 725 — 150,00:
Muse DE BRUXELLES.
80 PORTRAIT DE M™e VIGEE-LEBRUN.
PIS XCM: eet eho. e— LnAl, 28.
Signé L. David, An II.
Muse bE Nantes.
(Cat. 1911. Ne 515).
(David fut toujours en rapport, pendant la Révolution, avec Lebrun, marchand de tableaux, époux divorcé de M™ Vigée- Lebrun).
« Ce tableau a figuré sous cette désignation a diverses expositions. Il a été gravé dés 1851 environ dans les Modes Franeaises, sans nom d’auteur.
«Il a été donné aumusée par M. Visinet, arriére-grand-pére des Lafond du Journal de Rouen. J'ai beaucoup connu M™ Dupré- Visinet, décédée il y a peu de mois; bien qu'elle eit une mémoire parfaite et qu'elle eit entendu souvent parler de ce tableau, elle ne se souvenait nullement de sa provenance ni de l’endroit ou de la date a laquelle il avait été acquis par son pére (le donateur).
« ILest évident que le tableau pose bien des problémes et souléve bien des questions qu’on n’a pas encore résolus,
«Il ne parait pas possible d’abord de conserver la désignation traditionnelle, manifestement erronée. Car si on ne discute pas d’abord la signature — et tout en réservant cette question — on peut déja tenir pour a peu prés exacte la date, An II, le costume le permet.
« En 1794, M™ Vigée-Lebrun était émigrée depuis six ans et n’avait pas voulu revoir la France. Bien que David ait fait un éloge trés enthousiaste de certains portraits de cette artiste en 1791, rien ne permet de
croire — et tout au contraire s’y oppose — qu'il ait jamais fait un portrait de mémoire de M Vigée-Lebrun pour laquelle, a cette époque, il professait une véritable exécration. De son cdté, M™° Vigée-Lebrun avait été si frappée de l’exécution de Louis XVI et de Marie-Antoinette, qu’elle avait voué aux régicides une haine invincible et congu pour eux un dégott tel que, revenant a Paris en 1800, elle s’évanouit a l’entrée de l'un d’eux dans un salon. Enfin, M™ Vieée-Lebrun avait de nombreux liens dans le monde artistique, elle a laissé des mémoires; elle n’aurait pas manqué de faire allusion & un tel portrait.
« Qui peut étre ce modéle? une jeune femme peintre et musicienne ?
«En ce quiconcerne la signature, L. Davip, ilest fort difficile de l’affirmer absolument authentique. En tout cas, tout le monde connait les difficultés du peintre alors président duComité du Salut Public, président de la Convention, lié avec Robespierre d'une fidéle amitié et proscrit a la mort du tribun; arrété puis relaxé, puis encore arrété. D’autre part, si on sait que David exécuta & cette époque, malgré ses soucis politiques, pas mal de portraits, son historiographe J. David (son petit-fils) en a supprimé soigneusement les traces. Il faudrait rechercher si, dans le milieu d’artistes que fréquentait alors David, on peut trouver un tel modéle. Il ne faut pas oublier que le grand peintre s’était séparé a cette époque complétement de sa femme (pour des motifs politiques), que ses fils étaient aulycée et qu'il menait une vie de camaraderie artistique sur laquelle le jour n’a pas encore été suffisamment fait ».
(Note de M. Gurir, conservateur du Musée de Rouen).