MON ENTRÉE DANS LE MONDE
Ma mère ne se contente pas de me recommander la chasteté pour les mots, elle veut que je joigne l'élégance à la pudeur.
Elle a eu l'idée de me faire donner des leçons de « comme il faut. »
Il y a M. Sûubasson qui est maître de danse, de chausson et professeur de « maintien. »
C'est un ancien soliat, qui boit beaucoup, qui bat
«a femme, mais qui nage comme un poisson et a une médaille de sauvetage. Il a retiré de l'eau l'inspecteur d'académie qui allait se noyer. On lui a donné cette chaire de chausson et de danse au lycée en manière de récompense et de gagne-pain. Il y a adjoint son cours de ruaintien, qui est très suivi, parce que M. Soubasson a la vue basse, l'oreille dure, aime à téter, et qu'en lui portant aux lèvres un biberon plein de tord-boyaux, on est libre de faire ce qu'on veut dans son cours.
Dieu sait ce qu'on n'y fait pas !
Mais moi j'ai des leçons particulièi'es en dehors du lycée. M. Soubasson vient à la maison. Il amène son fils, que mon père saupoudre d'un peu de latin, et en échange, M. Soubasson me donne des répétitions de maintien.
Ma mère y assiste.
« Glissez le pied, une, deux, trois, — la révérence ! — souriez !
— Tu entends, Jacques, souris donc I mais tu ne «ouris pas 1 »
Je ne souris pas ? Mais je n'en ai pas envie.
Il faut essayer tout de même, et je fais la bouche on chose de poule.
Ma mère elle, minaude devant la glace, essaie, cherche, travaille et trouve enfin un sourire qu'elle me présente comme une grimace.
« Tiens comme cela ! »
Je dois aussi tenir le petit doigt en l'air, ça me fatigue I
« Attention à l'auriculaire, » dit toujours M. Sodbasson, qui s'est fait indiquer les noms scientifiques des doigts de la main, et qui trouve que le latin est une bien belle chose, vu que c'est toujours avec ce petit doigt qu'il se fouille l'oreille. Il se la fouille même un peu trop à mon idée.
Ce que ma mère me dit de choses ble?6antes pendant la leçon de maintien, ce que je la fais souffrir dans ses goûts d'élégance, cette femme, à quel point je suis commun et, j'ai l'air d'un paysan, non ce n'est pas possible de le dire ! Je ne puis pas arriver à glisser mon pied ni même tenir mon petit doigt en l'air !
« Je te croyais fort, » dit ma mère, qui sait que je pose un peu pour le mognon, et qui veut me blesstr dans mon orgueil.
Je ne suis pas fort, il paraît, puisque au bout de dix minutes, l'auriculaire retombe énervé, demandant grâce, crispé comme une queue de -rat empoisonné ! Rien que d'y penser il se tord encore aujourd'hui et j'en ai la chair de poule.
Au bout de deux mois, c'est à peine si je suis en état de faire une révérence à trois glissades ; en tous cas, je suis incapable de parler en même temps. Si je parlais, il me semble que je dirais : j'avons, jarnigué, moussu le maire, parce que je salue comme les vi'lageois dans les pièces. Il me prend des envies quand je répète avec ma mère de l'appeler « Nanctte r, et de lui crier que je m'appelle « Jobin, u ce qui
est faux, on le sait, et ce qui est mal, je le sens bien I
Il faut pourtant que tout ce temps-là n'ait pas été perdu, que je mette en pratique, tôt ou tard, mes leçons d'élégance, et que je fasse plus ou moins honneur à M. Soubasson, à ma mère.
« Jacques, nous irons samedi voir la femme du proviseur. Prépare ton maintien . »
J'en serre l'auriculaire avec frénésie, je fais et refais des révérences, j'en sue le jour, j'en rêve la nuit !
Le samedi arrive, nous allons chez le proviseur en cérémonie.
« Pan, pan I
— Entrez 1 »
Ma mère passe la première, je ne vois pas comment elle s'en tire, j'ai un brouillard devant les yeux.
C'est mon tour I
Mais il me faut de la place, je fais machinalement signe qu'on s'écarte.
La compagnie stupéfaite se retire comme devant un faiseur de tours.
On se demande ce que c'est : vais-je tirer une baguette, suis-je un sorcier ? Vais-je faire le saut de carpe ? On attend
J'entre dans le ceicie e je commence :
Une — je glisse
Deux — je recule.
Trois — je reviens, et je fends le tapis comme avec un couteau.
C'est un clou de mon soulier.
Ma mère était derrière modestement et n'a rien vu.
Elle me souffle :
« Le sourire, maintenant 1 »
Je souris.
« Et il rit, encore ! » murmure indignée la femm< du proviseur.
Oui, et je continue à éventrer le tapis.
« C'est trop fort ! »
On se rapproche, on m'enveloppe, je suis fait prisonnier. Ma mère demande grâce.
Moi j'aiperdu latêteet je crie : «Nanette! Nanettc ! »>
« Mon avancement est fichu pour cinq ans, di mon père, le soir en se couchant. »
On renvoie M. Soubasson le lendemain, comme ua malotru, et nous en faisons tous trois une maladie Je retourne aux mauvaises manières ; je n'en suis pas fâché pour mon petit doigt qui se détend, reprend sa forme accoutumée. Je préfère avoir de mauvaises manières et n'avoir pas l'auriculaire comme une queue de rat empoisonné.
J'ai une veine dans mon malheur.
Ma blessure au pied était mal guérie. Elle se rouvre de temps en temps, et je mens un peu d'ailleurs pour avoir le droit de ne pas sortir, sous prétexte que je ne puis marcher. Je la gratte même, et je la gratterais encore davantage, mais ça me chatouille.
Ce chose de bouteille (je vous obérai, ma mère) m'a rendu un fier service. Je reste à la maison et je ne rôde plus dans des chemins vides, bordés d'arbres, auxquels je ne puis pas grimper, ourlés d'herbe sur laquelle je ne puis pas me rouler, et dans la poussière desquels je traîne, comme un insecte estropié dans la boue.
Je reste devant une table où il y a des livres que j'ai l'air de lire, tandis que je fais des rêves qu'on ne devine pas.
Mon père travaille de l'autre côté et ne me gène pas, excepté quand il se mouche avec trop de fracas. Il a bien, bien soin de son nez.
Je n'ai pas besoin de travailler beaucoup pour le collège, je suis souvent le premier, et je n'ai qu'à faire claquer les feuilles du dictionnaire pour que mon père croie que je cherche des mots, tandis que je cours après des souvenirs de Farreyrolles, du Puy, de Saint- Etienne...
Je trouve une drôle de joie à regarder dans ce passé !
On nous donne quelquefois un paysage à traiter en narration. J'y mets mes souvenirs.
« Vous avez fait de mauvais devoirs cette semaine, me dit le professeur, qui n'y retrouve ni du Virgile, ni de l'Horace, si ce sont des vers; ni des guenilles de Cicéron, si c'est du latin; ni du Thomas, ni du Marmontel, si c'est du français. »
Mais je '^ais arriver à être le dernier un de ces matins 1
Je me sens grandir, j'oublie les anciens. Je songe plus à ce que je deviendrai qu'à ce qu'est devenu l'empereur romain. Ma facilité, mon imagination s'évanouissent, meurent, sont mortes 111 (Bossuet, Oraisons funèbres).
Un M. David, qui est président de Y Académie poétique de Nantes , donne de grandes soirées. 11 invite les professeurs et leurs femmes à venir danser chez lui.
C'est dans un grand salon nu, où il y a le buste de Socrate sur la cheminée. Une jeune dame le regarde et dit :
« C'est donc si vilain que ça, un philosophe?
Ma mère vient avec mon père, naturellement, et même on m'a amené au commencement.
Notre arrivée est annoncée avec plaisir, et est accueillie avec faveur.
Mon père est, comme toujours, sec, maigre, le nez en corne, le front comme un toit sur des yeux gris : on dirait deux chats sous une gouttière. D a l'air peu commode.
Ma mèrel... hum!... manière!... Elle a une robe raisin avec une ceinture jaune; aux poignets, des nœuds jaunes aussi, un peu bouffants, comme de» nœuds de paille à la queue troussée d'un cheval. Rien que ça comme toilette. Éti'e simple, c'est sa devise.
Une fois seulement, elle a ajouté l'oiseau ne b(^a chapeau — en broche, le bec en bas, le chose en l'air.
Une fantaisie, un essai! Comme la Metternich mit un serpent en bracelet.
a Qu'est-ce que cet oiseau fait là, » demande-t-on?
Il y en avait qui auraient préféré le bec en l'air, le chose en bas.
Ma mère faisait la mignonne, agaçant le bec de la bête comme s'il était vivant.
« Ti... ti... le joli petit-toiseau, c'est mon toi'seaul »
Mon père a obtenu qu'elle laissât l'oiseau sur le < hapeau, — le joli toiseauf
Mais pour les nœuds, comme il avait voulu y tou- ^'.her une fois :
• Antoine, avait répondu ma mère, suis-je une lionoâte femme? Oui ou non! Tu hésites, tu ne dis tien! Ton silence devient une injure!..,
— Ma chère amie !
— Tu me crois honnête, n'est-ce pas?... Jamais tu n'as pu soupçonner que Jacques, notre enfant, provenait d'une source impure, était un fruit gâté, avec un ver dedans?
— Avec un ver dedans? reprend-elle. Eh bien, aie confiance. Ta femme a un soupçon de coquetterie, peut-être, — nous sommes filles d'Eve, — que veux-tu? Mais aie confiance, Antoine. Si j'allais trop loin, — je suis ignorante, moi! — tu aurais le droit de me faire des reproches ; mais, non !... Et ne prends pas pour les hommages d'une flamme coupable, les politesses qu'on fait à un brin de toilette et de bon goût. »
Elle tape sur sa jupe et taquine un des nœuds
jaunes, puis donne un petit coup sec sur la main de mon père :
« Vilain jaloux! »
On danse.
« Vous ne dansez pas, madame Vingtras?
— Nous sommes trop vieux, dit mon père avec un sourire et en saluant.
— Trop vieux! C'est pour moi que tu as dit cela? fait ma mère. »
La scèn^e se passe dans un coin où elle a acculé Antoine, derrière un rideau.
« Ce ne peut être que pour moi, puisque ce moniaur est plus jeune que sa femme. Antoine, écoute- (loi...
— Parle moins haut.
— Je parlerai sur le ton qu'il me plaît. » Elle élève encore plus la voix.
« Oh' tu ne me feras pas taire! Non. Si tu veux m'insulter, je n'ai pas envie de l'être, entends-tu. Trop vi'euxl (Elle le toise des pieds à la tête.) Trop vieuxl parce que je n'ai pas Tâge de la BrignoUne, n'est-ce pas? »
Je suis sur des épines, et je fais un peu de bruit avec mes pieds, un peu de bruit avec ma bouche. Pour couvrir leurs voix, j'imite dans mon coin des instruments à vent — au risque d'être calomnié 1
Enhi, on s'apaise derrière le rideau.
Je ne m'amuse pas aux soirées du proviseur; on
me trouve trop triste. — Je suis habillé à neuf. Seulement on a choisi une drôle d'étoffe, j'ai l'air d'être dans un bas de laine, c'est terne, à côtes, mais si terne !
Gomme ça déteint, je fais des taches aux habits des autres.
On s'écarte de moi. Ma mère elle-même ne me parle que de loin comme à un étranger presque t — Oh ! mon Dieu !
« Je dan-se-rai, »> a-t-elle dit; et elle danse.
Elle embrouille le quadrille, marche sur quelques pieds, mais, bah ! elle sauve tout par de petites plaisanteries et des petits airs ; — une véritable écolière, je vous dis !
Au galop final une idée lui vient, celle de faire partager à son enfant les joies de Terpsichore, et s'éloignant du galop une seconde , elle me saisit et m'attire dans le tourbillon. Le galop est fini que je saute encore, et elle a l'air d'un Savoyard qui fait danser une marionnette. — Ça me lait si mal sous les bras! .
Depuis quelque temps elle est rêveuse.
« Ta mère a quelque idée en tête, » fait mon père du ton d'un homme qui prévoit un malheur.
Elle s'enferme toute seule, et on entend des bruits, des petits cris, des tressaillements de plancher; on l'a surprise a travers la porte qui faisait des grâces devant un miroir, en s'appuyant le front.
Soirée chez M. David. La femme du professeur d'histoire, qui est d'origine espagnole, esquisse un fandango assez leste, eh ! eh ! quoique revu et corrigé comme les morceaux choisis par l'archevêque de Tours.
La femme du professeur d'allemand, une Alsacienne, chante un titi la itou, la itou la la, en valsant une valse du pays.
C'est fini. Elle se repose sur la banquette et le cercle où Ton vient de danser est vide.
On entend un petit cri.
Eh youp ! eh youp !
Mon père, qui est en face de moi, a l'air frappé d'un coup de sang, et je vais voler dans ses bras.
Et youp ! eh youp ! la Catherinal eh youp!
En même temps une apparition traverse le salon et tourne sur le parquet.
L'apparition chante :
Ché la bourra, la lal Oui la bourra, fouchtral
Et la voix devenant énergique, presque biblique, dit tout d'un coup :
« Anyn, mon homme! »
Cet homme, c'est Antoine qui au premier youp I youp! avait pressenti le danger, — c'est mon père qui est entraîné comme je le fus le jour des marionnettes.
« Anyn, mon homme, anyn ! »
Et ma mère le plante devant elle, en le gourman-
dant de sa mollèche — à la. chetupéfacchwn de l'assistance, qui n'a pas été prévenue.
« Eh chante ! chante donqueî »
J'ai peur qu'on change à moi aussi, et je disparais dans les cabinets. Toute la soirée je répondis:
« Il y a quelqu'un!... »
La nuit me trouva harassé, vide !
Je sortis enfin quand la dernière lampe fut éteinte, et je revins au logis, où on ne pensait pas à moi.
Ma mère seule avec mon père murmurait à son oreille :
« Eh bien ! Est-ce que la bourrée ne vaut pas le fandango ? »
Et elle ajouta d'une voix un peu tremblante :
(' Dis-moi cha! »
C'était la mutinerie dans la fierté, l'espiègleri» dans le bonheur I
Tout se gâte.
Mon père — Antoine — n*a plus voulu aller dac le monde avec ma mère.
La soirée de la bourrée lui a complètement tourné la tête, elle s'est grisée avec son succès ; restant dans dans la veine trouvée, s'entêtant à suivre ce filon, elle parle charabia tout le temps^ elle appelle les gens mouchu et monchieu.
Mon père à la fin lui interdit formellement l'auvergnat.
Elle répond avec amertume :
« Ahl c'est bien la peine d'avoir reçu de l'éduca-
tion pour être jaloux d'une femme qui n'a pour elle que son esprit naturel f Mon pauvre ami, avec ta latinasserie et ta grecaillerie, tu en es réduit à défendre à ta femme, qui est de la campagne, de f éclipser/ »
Les querelles s'enveniment.
« Tu sais, Antoine, je t'ai fait assez de sacrifices, n'en demande pas trop I Tu as voulu que je ne dise plus estalue, je l'ai fait. Tu as voulu que je ne dise plus ormoire, je ne l'ai plus dit, mais ne me pousse pas à bout, vois-tu, ou je recommence. »
Elle continue :
«Et d'abord ma mère disait estatue... elle était aussi respectable que la tienne, sache-le bien ! >»
Mon père se trouve menacé de tous côtés, entre ep taiue et mouchu.
Il met les pieds dans le plat et défend l'un i l'autre.
Ma mère se venge en l'injuriant; elle cherche ilcs mots qui le blessent : escargot — espectacle ! estomac— esquelette! Ces diphtongues entrent profondément dans le cœur de mon père. Le samedi suivant, il s'habille sans mot dire et va en soirée sans elle.
Le samedi d'après, même jeu, mais à minuit ma mère vient me réveiller.
« Lève toi, tu vas aller attendre ton père à la porte de chez M. David, et quand il sortira tu crieras : /.a la fouchtra ! J'arriverai, tu nous laisseras. »
J'ai crié : La la fouchtra 1 j'ai eu tort.
Elle lui fait une scène devant tout le monde, tout haut, disant qu'il laisse mourir sa famille de faim pour courir les bals.
« Il a un bien gros derrière pour un enfant qui meurt de faim, dit quelqu'un.
— Oui, répète ma mère, il nous laisse mourir de faim. »
Nous avons mangé une grosse soupe à dîner, puis des andouilles; pour finir, il y a eu du lapin. Moi, je ne meurs pas de faim ; elle a beaucoup mangé aussi.
Ma mère crie toujours.
« Mon enfant n'a pas une chemise à se mettre sur le dos, voyez comme il est mis ! »
Je ne suis pas en noir aujourd'hui, je suis en liabit gris, pantalon gris ; j'ai l'air d'un infirmier.
Le monde s'amasse, mon père veut glisser souf une voiture, s'égare entre les jambes des chevaux. II faut le tirer de là-dessous.
Il reparaît enfin ; son chapeau de soirée est écrasé et a l'air d'un accordéon. Ma mère lui prend le bras comme ferait un sergent de ville.
« Viens, mon enfant, ajoute-t-elle, en me parlant avec des larmes. Viens, dis-lui que tu es son fils ! »
Il le sait bien; est-ce qu'il ne m'a pas reconnu? Est-ce que je suis changé depuis sept heures :
Tout le long du chemin, je tâche de trouver à la porte des modistes ou des tailleurs une glace, pour voir quelle figure j'ai depuis que je meurs de faim.
Tv, vous
La maison est redevenue morne presque autant que jadis, du temps de madame Brignolin, quand c'était =1 triste. Mon père ne va plus en soirée, il va je ne -ais où.
Ma mère, un soir, m'a ordonné de le suivre en me cachant. Mais mon père est arrivé au même moment.
Je me tenais devant elle, tout craintif, tout honteux, me disant tout bas : Est-ce que c'est bien d'espionner son père ?
« Voulez-vous donc faire un policier de votre fils ? a-t-il dit. J'ai entendu ce que vous lui recommandiez. »
Ce vous la fit pâlir. Jamais elle ne m'en reparla depuis.
Elle essaie de rattraper par quelque bout le terrain qu'elle perd, on le sent à l'accent, on le voit au geste".
« C'est que, dit-elle, ce n'est pas gai d'être éveillé ious les soirs quand tu rentres...
— Je ne vous réveillerai plus, répond mon père. »
Le soir de ce jour-là, mon père alla chercher un matelas et un pliant dans le grenier.
On n'entendit plus de bruit dans la maison. Nous vivions chacun dans notre coin, et on se parlait à peine.
Les femmes de ménage au bout de huit jours parlent, disant qu'on jaunissait dans cette baraque.