‹ James Ensor, peintre & graveurChapitre 2 sur 81 · LIBRAIRIE DE LA SOCIÉTÉ ANONYME « LA PLUME · texte numérisé non relu

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31, Rue Bonaparte, 31

Peintre et Graveur

ans la sage et un locale, un artiste la véhémence et d'un art à la fois épanoui et spontané, cérébral et largement instinctif. Celui-là ne venait pas des fonds nets de la race : il importait un atavisme de sangs mêlés, anglo-saxon et flamand ; et il se révélait personnel , inquiet , subversif.

Un goût de bataille le signale dès les débuts.

C'est l'Ensor fusant en chromatismes pétulants, pétaradant en coloris agressifs, exaltant les plus exacerbés pigments. La terreur du bourgeois, l'ironie des médaillés s'ameu-

peu épaisse peinture taient devant cette cuisine révolutionnaire qui soudain apparu mit bouleversait le poncif des vieux coulis, la recette le capiteux bouquet des gratins et du recuit, le culottage et les jus

de teinture, la pleutre platitude des camaïeux et l'anémie des grisailles. C'était franc et brave avec tapage, avec quelque chose de mousseux et d'indiscipliné comme si cet original de peintre aux allures de grand pierrot spleenétique, traversant d'un air d'hallucination la vie, eût comploté de recommencer les casses de vitres d'un Manet.

Il fallut tout de même bien reconnaître à la fin que, derrière ces apparentes farces rageuses de pincesans-rire, il y avait un sympho-

J-AMES ENSOR (d'après une photographie). niste de la couleur

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