LA PARESSE
de leur souffle léger. Vibrant comme une harpe, chatouillé sur toutes tes coutures, ta gueule étroniforme s'épanouit comme une fleur violée. Soupirant obstiné, tu lances un couac clarinetteux lorsqu'une nymphe blonde asticote d'un pied malin tes orteils comateux. Possédant un chef de professeur échaudé, tu portes sur ton écu une queue bizarre et enchantée de singe électrique, assez semblable au coccyx de Raboyaux l'Auriculaire ; au revers un fruit sec et la verge endolorie de Moïse tâtant une source, signe augurai de fécondité malheureuse. Tu portes aussi le chef d'un veau vautré aux pieds d'une bergère prosaïque sous le rayon nacré d'une lune zébrée. Ton échine arlequinée se gondole et tes larges pieds plats font jaillir jusqu'aux nues une acre pluie de bouse.
c( Ne chantons plus ces écus joyeux ou lamentables. Les damoiselles et les seigneurs excuseront les paroles redoutables ; cette fête qui nous comble de joie est un sùr garant d'impunité. J'invoque la clémence de ces dames et abbesses, je baise respectueusement leurs pieds mignons verts ou roses, bleus ou incarnats, de porphyre, d'albâtre, ou palmés. Je les baise dévotement, félinement, discrètement, sans-arrière pensée, en serviteur