‹ James ThomsonChapitre 15 sur 294 · Summer, de 21 à · texte numérisé non relu

Summer, de 21 à

Le mois de juin 1727 vit paraître une des œuvres les plus heureuses qui figurent parmi les petits poèmes de notre auteur. Newton était mort le 20 mars. Thomson qui, dès l’Université, avait acquis le goût des sciences naturelles; qui, dans son étude prolongée et enthousiaste de la nature, avait plusieurs fois rencontré les explications ingénieuses ou profondes, et les hardies synthèses de Newton, Thomson écrivit un Poème à la mémoire de l'illustre savant !. Nous aurons à apprécier plus tard la valeur de ce travail. Contentons-nous ici de noter l'heureuse rencontre qui unit dans une œuvre digne de l’un et de l’autre, l’homme de science qui a donné aux phénomènes du monde sensible leur plus large et leur plus grandiose explication, et le poète qui, à ce moment même, en donnait la plus vaste et la plus noble traduction artistique.

Le poème parut en in-folio chez J. Millan ?. Il était dédié au premier ministre. Nous savons que Robert Walpole n'était guère un patron des poètes. Il n'avait ni instruction étendue, ni goût artistique ou littéraire. Son bon sens robuste mais fort terre à terre tenait en petite estime tout ce monde des écrivains besogneux tour à tour humbles ou insolents, mais presque toujours quémandeurs. Sa politique ne s’appuyait pas sur l'opinion publique telle que pouvait l’inspirer ou la diriger la foule des gens de lettres. Attaqué par la plupart d’entre eux, il opposait à ce débordement de violences et d’outrages une bonhomie indifférente ou dédaigneuse. Thomson, nous l’avons pu voir ?, avait une certaine sympathie pour le ministre

1. Pour les renseignements scientifiques très précis et très exacts qui se rencontrent dans le poème, il fut aidé par J. Gray Esq., F. R. S., lauteur d’un traité sur l’artillerie, un des collaborateurs aux Philosophical Transactions de la Société Royale, et l’un des disciples les plus éclairés de la philosophie scientifique de Newton. 11 est probable aussi que Murdoch, le futur biographe de notre poète, qui devait se faire un nom parmi les mathématiciens de son temps, a contribué à donner à son ami la connaissance qu’il montre des théories newtoniennes.

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