‹ James ThomsonChapitre 252 sur 294 · Acte III, se. 11. L à: re 2, Acte IV, sc. vr · texte numérisé non relu

Acte III, se. 11. L à: re 2, Acte IV, sc. vr

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Nous avons noté les influences dont la trace se retrouve dans cette tragédie, et les caractères qui la recommandent à l’attention d’un historien des lettres anglaises. Que vaut-elle en ellemême? Elle n’est pas aussi totalement dénuée de mouvement que le sont beaucoup des tristes productions dramatiques de cette époque. Mais par quelles ressources d’une invraisemblance naïve l’action se développe! Le poison merveilleux du « Vieux de la Montagne » en est le ressort principal. Ce poison qui produit un effet prompt et terrible, et qui cependant peut être aspiré et transféré d’un patient à un autre; qui «mêmeau dernier moment » est entièrement anihilé par le puissant remède de Selim; ce poison, qui doit tuer tour à tour Édouard et Éléonore et dont personne ne meurt, est digne d’un art dramatique tout enfantin. Moins original, mais non pas plus vraisemblable, est l'épisode de ce sultan chevaleresque qui s’introduit sous un déguisement dans le champ des chrétiens pour y sauver Éléonore et y revoir sa maîtresse. Si nous ajoutons que le mouvement du drame est tout entier dans les faits extérieurs, que la psychologie des personnages n’offre pas même cet effort vers la complexité vivante et tragique que nous avons relevée dans Agamemnon, nous pourrons dire que l’œuvre, sans vraisemblance dans l’action, sans richesse psychologique et sans puissance. de création dramatique ne vaut que par un petit nombre de scènes qui pouvaient fournir l’occasion d’éloquentes ou de pathétiques tirades. C’est tout au plus, en fait de drame, de l’art d'opéra. Or, à ce libretto médiocre le poète n’a ajouté qu’une très médiocre musique. Les drames de Victor Hugo, pour ne parler que du premier des dramaturges romantiques, n’offrent pas plus de vraisemblance dans l’action, et pas beaucoup plus d’humaine vérité dans les personnages; mais la musique y est, le charme d’une langue sonore ou caressante, la magie d’une atmosphère de poésie, et le chant lyrique propre à faire oublier les pauvretés de l'intrigue et l’irréalité des héros. — Ici rien de pareil. La langue est plus facile et plus alerte que celle des deux premières tragédies. Peut-être parce que l’œuvre a dû être produite plus vite, on y sent moins

constamment l'effort vers la noblesse et la pompe du style. Mais si nous évitons cette fois la déclamation boursouflée, c’est pour trouver chez le poète une langue le plus souvent terne et plate. Le vers blanc ainsi traité, sans l’emphase tragique et sans le chant poétique, devient quelque chose de flasque et d’incolore. La teneur générale du dialogue est insipide et molle sauf dans les quelques occasions où l'écrivain croit devoir plaquer sur sa toile aux tons effacés quelques touches tapageuses, comme celles que nous avons notées. Les effets d’intense émotion sont eux-mêmes rendus souvent d’une façon peu digne de l’industrieux ouvrier que se montre habituellement notre poète. Il se contentera d’une série d’exclamations :

Misery! distraction!

0 love! o shame! o murder’d Eleonora! !

Ou même d’un procédé plus simple encore. — Éléonore fait valoir les motifs qui rendent la vie du prince plus utile que la sienne. Elle en vient à nommer leurs enfants, et Edouard

exprime les sentiments qui le déchirent au moyen du monosyllabe pour lequel Thomson a une si fâcheuse partialité :

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