Il devint en effet ministre d'Angleterre à Berlin
3. « Though the Doctor increases in business, he does not decrease in spleen, but there is a certain kind of spleen that is both humanc and agreeable, like Jacques (sic) in the play. »
‘4. Ces voyages ont lieu à l'été de 1745, à l’automne de 1746 et 1741.
- Un autre élait convenu pour l’année 1748. — Shenstone confirme ces
indications dans une note manuscrite tracée sur son exemplaire des « Saisons ». ‘
deux amis. Le poète, nous l’avons dit, aimait à se promener dans l’admirable parc de Richmond. Lyttelton, qui en avait une clef, l’avait mise à sa disposition; puis, il s’était vu contraint par les plaintes des jardiniers et par la demande de la duchesse de Bridgewater, à reprendre la clef pour la donner à la noble dame. Thomson proteste vainement, se croyant, dit-il, les mêmes droits que les rossignols à jouir de ces beaux jardins. Lyttelton lui fait entendre raison et le console dans les termes les plus affectueux ‘. 11 lui donne en même temps rendez-vous pour l'emmener, quelques jours plus tard, en chaise de poste, faire une visite à Mrs. Stanley. Un autre passage exprime des remerciments pour le rhum envoyé par Thomson (et sans doute reçu par celui-ci de Paterson). Il annonce en retour l’arrivée prochaine à Kew-Lane d’un cadeau de vin de Bordeaux.
Mais ces rapports de cordialité simple et enjouée savaient aussi être élevés et graves. Lyttelton qui s'était montré dans sa jeunesse irréligieux, comme le demandait alors le bon ton ?, avait trouvé son chemin de Damas, grâce à Gilbert West, et aux « Observations sur la Résurrection » *. Avec la ferveur d’un néophyte, il s’efforçait de ramener à la foi chrétienne Thomson qui, depuis bien des années, s’était arrêté à la religiosité sentimentale d’une philosophie assez vague. Lyttelton, faisant allusion à la perte de sa jeune femme *, écrivait à son ami : « Mon « refuge et ma consolation, c’est la philosophie — la philoso- « phie chrétienne dont je désire ardemment vous voir devenir « comme moi un adepte... Je vous ai envoyé une brochure sur
1. Lyttelton à Thomson, lettre du 21 mai 1741. (Dans Puiczimore’s Memoirs, vol. I, p. 137.)
2. Il avait imité les Lettres persanes (Letters from a Persian in ‘London to his Friend at Ispahan) en conservant non seulement le cadre de Montesquieu, mais aussi la liberté des peintures, et l’audacieuse raillerie des choses religieuses.
3. « .…. Gilbert West who, you say, first led your way to truth. » (Lettre de Pelham à Lyttelton, du 11 juillet 4747, dans Pniczimores Memoirs of Lyttellon.)
4. Le 19 janvier 174%. Il avait épousé Lucy, fille de Hugh Fortescue Esq., de Filleigh, comté de Devon, en juin 1742. Il avait à cette occasion reçu de Chesterfield une lettre de félicitations (Bath, 19 juin) où nous relevons le passage suivant : « To wish you joy were frivolous, that is certain and present, but whenever that does decline,.… may all its sweetness turn to strength, or, as Thompson (sic) says, may it SUR into friendship. » (PriLzimores Memoirs of Lyttelton.) ,
« un sujet qui y touche et dont nous avons autrefois causé. Je Lai écrite à Kew-Lane l’année dernière, et l’ai écrite particu- « lièrementen vue de répondre à vos doutes. Vous y avez donc « un double droit. Je prie Dieu que le traité vous paraisse aussi « convaincant qu’à moi-même et qu’il vous amène à la foi du «€ chrétien, vous qui en avez le cœur !. » C’est donc pour l’édification de notre poète que Lyttelton écrivit ces « Observations sur la conversion et l’apostolat de saint Paul » dont Johnson fait un chaleureux éloge, et où il voit une irréfutable apologie du christianisme ?. Lyttelton était persuadé que sa dialectique avait eu raison de l’incrédulité de Thomson. Dans une lettre écrite peu de jours après la mort du poète, il unit de façon assez touchante le souvenir. de sa femme et celui de son ami : «Il « aimait ma Lucie, et il était aimé d’elle. J'espère, plein de « confiance en la bonté divine, qu’ils sont maintenant réunis « dans une vie beaucoup plus heureuse ?. » Et dans une autre lettre de la même année, il s'exprime ainsi : « Thomson, je le « crois sincèrement, est mort en chrétien. S'il avait vécu plus « longtemps, je ne doute pas qu’il n'eût ouvertement déclaré « sa foi, car le courage ne lui manquait pas pour faire ce qu’il « croyait être bien. Son esprit avait été fort embarrassé de « doutes que mon livre sur saint Paul (j'ai le bonheur de le « croire) avait entièrement dissipés. Il me l’a dit lui-même, et « l’a, dans sa maladie, déclaré à d’autres. — Quant au cœur « d’un chrétien, il l’avait toujours eu à un degré de perfection qu'ont atteint peu d’hommes, à ma connaissance *.... »
4. Prizximore's Memoirs and Correspondence of Lyttellon, vol. I, p. 3017. 2. Jonnson, Life of Lyttelton.
7 «-Hagley, September 30, 1748.
. God’s will be done! It has pleased his Providence to afflict me
- Htély with a new stroke in the sudden death of poor Mr. Thomson, one of
the best and most beloved of my friends. He loved my Lucy too, and was loved by her. I hope and trust in the Divine goodness that they are now together in a much happier state. That is my consolation ; that is mÿ support... » (Lettre au Dr. Doddridge, dans Paicuimores Memoirs and Correspondence, etc., vol. I, p. 407.) 4. « London, November the 1e
. Thomson, I hope and believe, died a Christian. Had he lived longer I don doubt but he would have openly profest his faith; for he wanted no courage in what he thought right, but his mind had been much perplexed with doubts, which I have the pleasure to think my book on St Paul bad almost entirely removed. He told me so himself, and in his sickness declared so to others. This is my best consolation in the loss of him, for as to the heart of a Christian, he always had that in a degree of
Nous ne saurons vraisemblablement jamais ni quelle part la politesse et l'amitié purent avoir à l’assentiment donné par le poète aux démonstrations du noble théologien, ni à quel point l'affection en même temps que la vanité ont pu influer sur l'opinion qu'exprime Lyttelton au sujet du résultat de son prosélytisme.
Là ne se bornait pas la sollicitude de Lyttelton. Il se préoecupait du bonheur de son ami dans ce monde aussi bien que dans l'autre. Une des lettres de Thomson ‘ répond à la proposition d'un mariage. Le poète s’est donné le temps de réfléchir, et il se décide à refuser. Il est plein d'estime pour les « bonnes et dignes qualités » de la personne dont on lui parle, mais « elle ne fait pas son caprice * ». Et il est, dit-il, d'âge trop avancé pour vouloir se marier, S'il ne se sent ranimé et, pour ainsi dire, rajeuni par une grande flamme d'imagination *. Aussi conclut-il que, placé entre les exigences de sa raison et celles de son imagination, il restera sans doute à jamais exelu du saint état de mariage *‘. Il fait une discrète allusion à miss Young, sans donner, comme motit réel de son refus, le souvenir encore si vif du drame de sa vie. Mais il est pour nous apparent que c'est la pensée de cet amour malheureux qui communique à toute la lettre sa teinte de mélancolie,
Au moins désire-t-elle voir son jeune ami en agir autrement. Il faut du reste convenir que, pour l’engager à se remarier, il a recours à d'assez étranges arguments. Lyttelton, tout attristé de la mort de sa chère Lucy, dit qu'il ne pourra jamais apporter dans une seconde union un pareil amour. Tant mieux, répond Thomson, car vous ne risquerez plus, si vous perdez aussi celle-là, d'éprouver une si grande douleur. Quant à prétendre
perfection beyond most men 1 have known... » (Lettre à Doddridge dans PRiLLIMORES Memoirs, ete., vol. E, p. 409.)
4. Kew-Lane, Deeember 14, Aa. (Panumores Memoirs ard Correspendence, vol. I, p. 501.) La proposition a êté transmise par ce Mr. Gray, de Richmond, dont le nom revient plusieurs fois dans les lettres de ees dernières années. « Mr. Gray discharged his commission faïthfully, and with very decent gravity. »
2. « As I told you before, she does not pique my imagination... To strike one’s fancy is the same in love that charity is in religion. »
$. « I am too much advanced in life to venture to marrv, without feel. ing myself invigorated, and made as =. ère young again, with à L'Age flame of imagination. »
4. « What betwixt judgment and faney, I. shall run à . risk of never. entering into the holy state. »
qu'on ne puisse pas aimer deux fois, c’est une assertion (condamnée par la philosophie ! ».
Dans une lettre antérieure de moins de trois mois, et adressée, de Hagley, à sa sœur, Mrs. Thomson, de Lanark ?, Thomson s'était expliqué déjà sur le même sujet. Il ne s’est point marié plus tôt, dit-il, à cause de la nature précaire et variable de ses ressources. Et si elles se trouvent alors fort améliorées, il se sent trop avancé dans la vie pour tenter une entreprise aussi juvénile ?.
4. « If you cannot again love so exquisitely as you have done, so much the better; you will not then risque being so miserable. To say that one cannot love twice, is utterly unphilosophical. » — La logique de Thomson paraît avoir convaincu Lyttelton, car, après avoir calmé sa douleur en l'exprimant dans les strophes de sa Monody, il se remaria.
2. C’est Jean Thomson qui venait depuis peu d’épouser Mr. Thomson, instituteur à Lanark.