LA MORT
main même de la mort de Pope, en plein règne du distique rimé, aux effets brillants mais secs et monotones, on vit paraître, avec Gilbert West et Shenstone d’abord, puis avec un grand nombre d’autres écrivains, des imitations de ce mètre savant et riche de Spenser que Thomson avait remis en honneur :.
Quant à la tragédie de « Coriolan », elle était terminée depuis la première partie de l’année 1747. L'auteur en entretenait Mallet, le 31 mars de cette année *. Les difficultés qui se sont opposées à la représentation, avaient pour cause la rivalité des deux acteurs de Drury-Lane. Thomson voulait réserver à Quin le rôle de Coriolan. Garrick ne voulait pas se contenter du rôle de Tullus Aufidius, ou, du moins, n'avait aucune hâte de voir jouer une pièce dans laquelle il ne devait paraître qu’au second plan. Comme à cette époque même (la fin de mars 1747) Garrick devenait un des deux directeurs du théâtre *, Thomson et Quin se heurtaient désormais à un obstacle insurmontable. Le poète revient sur ce sujet, une année plus tard, dans sa lettre à Paterson : « Coriolan n’a pas encore paru sur la scène, « à cause de la mesquine et misérable jalousie de Tullus envers « celui qui seul peut jouer Coriolan. De fait, le premier a, pour « cette saison, entièrement chassé l’autre de la scène, commeun « géant en colère ‘. Montrons donc encore un peu de patience,
rature anglaise : « There is also a poem lately published by Thomson, called the Castle of Indolence, wilh some good stanzas in it. » (La lettre se trouve dans l’ouvrage de Mason sur la vie et les œuvres de Gray.)
4. Voir sur ce point plus de détails dans l’étude que nous consacrons plus loin au « Château ».
2, « I will desire you as a friend to read « Coriolanus ». Tho’ pretty much indifferent whether ever he appear upon the stage or no, yet I am far from being so with regard to his having your approbation... »
(VIII: et dernière lettre de Thomson à Mallet, dans la série publiée par P. Cunningham pour la Philobiblon Society.)
3. Mr. Lacy, le possesseur du brevet, lui en avait cédé la moitié pour une somme de 8 000 livres, ce qui parut alors un prix très modéré. (V. T. Davres, Life of Garrick, v. 1, p. 103.)
4. Cette inimitié des deux acteurs n’est pas pour nous surprendre. Quin avait été, pendant plusieurs années, le premier acteur de la scène anglaise. Les deux grands théâtres de Londres se le disputaient. Quand Fleetwood lui eut offert, pour l’attirer à Drury-Lane, des appointements de 500 livres par an, l’énormilé de cetle somme fit scandale, et Rich, le directeur de Covent Garden, laissait en maugréant partir son premier sujet, et déclarait qu'aucun acteur ne valait plus de 300 livres. — C’est cette suprématie que le succès d’un acteur nouveau venait mettre en danger. Garrick débute à Londres en 1141, et la faveur du public s’attache aussitôt à
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et à Patrick Murdoch. Son court billet à celui-ci se termine par ces mots : « Ce dernier coup m’a presque anéanti ‘ ». L'expression d’une aussi vive et aussi sincère douleur se retrouve dans toutes les lettres qu’échangent en cette circonstance ces hommes qu'avait unis une commune affection pour le poète. « Ce coup, dit Armstrong, nous laisse un vide «affreux. La perte d’un ami si charmant change, au moins pour «un certain temps, quelques-unes des scènes les plus ravis- «santes de l’Angleterre, en une solitude désolée. Il se passera « longtemps avant que je puisse revoir Richmond sans une poi- « gnante douleur ?. » — « Rien, écrit Murdoch à J. Forbes, «ne m'a jamais dans la vie frappé et affligé autant que cette «nouvelle... Mon premier souci, quand j'eus repris quelque « sang-froid, fut la douleur et la désolation que ressentirait « votre cœur aimant*. » Et quelques jours plus tard : « Hélas! « que puis-je dire, moi qui ai besoin de consolations autant que « personne”? Nous avons perdu, mon cher Forbes, l'ami ancien, « éprouvé,aimable, ouvert, notre bon Thomson, le dépositaire « le plus fidèle de nos pensées intimes, le conseiller toujours