For lo! conducted by tlie laughing loves
{Summer, 4288.)
:i. « from the snowy leg
And slender fool, Ihe inverled silk she drew. n
{Sumjner, 4308, 1309.)
>ucher le traducteur. Mais, sans l'avoir cherché sans doute, is donne une peinture un peu atténuée. Son coloris est s chaud, son modelé a moins de l'eliei'. Il semble voir urceau de Rubens transcrit par Fragonard *. : Automne » renferme aussi un long épisode. La description moisson est suivie d'un récit fondé sur Timmorlelle î de Kuth et Booz '. Le portrait de la jeune Lavinia, pauvre, et vertueuse, renferme de jolies choses gracieuses et is assez banales^; d'autres au contraire qui sont un peu lurnées et précieuses *; et une comparaison poétique 3 célèbre :
Il en jugera si Ton compare au lexlc anglais des passages tels que :i :
K Jadis le beau pasteur de Troie
Dans son cœur palpitant ressentit moins de joie. »
(I Ce sein éblouissant dont le double contour
Palpite de santé, de jeunesse et d'amour:
(^es deux globes charmants qu'avec grâce compose
Un frais amas de lis que surmonte la rose! »
" Ahî Ihen, nol Paris on llic piny top, Of Ida panted stronger »»....
[Summer, {'MA, 130;».)
- And, Ihrough the parti ng rol^, tlie alleruate breast, With youth wild-throbbing, on thc lawless gaze In full luxuriance rose. »
l-il aussi signaler un léger contresens du traducteur?
a A travers le cristal tel brille un jeune lis »,
e pas une idée très satisraisaiite. Delille n'a pas vu que le terme
is « lily » désignait ici le << water lily • le nénuphar.
}unnt aux noms, ils sont par Thomson empruntés à deux poèmes de
u^ntemporain Weisled : « Palœmon and Cœlia ». • Cleon and LAvi-
. (Vide NicnOLS, Lilernni Anecdotes^ vol. IX, p. 3i.)
non figure aussi dans Tidylle que Léonard appelle UÉté (iPamon
iphné; Poésies pastorales. Livre deuxième), mais il n'y a pas d*autrc
niblance avec l'épisode de Thomson.
*nr exemple :
• Like the gay birds that sung them to repose, Content and careless oT to-morro\v's fare. Her forni \\as frcshcr than the morning rose Whun the dew wets its leaves, unstained and pure As is the lily or the mountain snow. »
{Autumn, 190-1Î>1.)
« The modest virtues mingled in her eyes,
Still on the ground dejected. darting ail
Tlieir humid beams into the blooming flowers. »
38â JAMES THOMSON.
< Comme dans un vallon, au sein de TApenniii,
A l'abri d'un cercle de montagnes,
Un myrte croit, loin de tout regard humain.
Et répand dans cette solitude ses parfums délicieux.
Ainsi s'épanouissait, Heur que nul ne voyait,
La douce Lavinia K »
Ce joli passage est une des plus heureuses additions faites par Pope au texte de son ami, et Thomson accepte les six vers sans y rien modifier. Le début de Tidylle en est la partie la plus heureuse. Thomson y montre qu'à ses qualités d'énergie et de touche vigoureuse il sait aussi joindre la délicatesse et la grâce. Pope y manifeste une fois de plus la merveilleuse aisance avec laquelle il sait se mettre à l'unisson d'un talent original et d'une inspiration très éloignée de la sienne. Quant aux vers où se développe le récit proprement dit, ils offrent peu d'intérêt. On y trouve plus d'un trait de goût contestable, comme cette fin du discours par lequel Palémon offre à la jolie glaneuse ses biens, son cœur et sa main.
« Les champs, le maître, tout, belle jeune fille, est à toi,
Si aux bienfaits nombreux que ta maison
M'a prodigués tu veux ajouter ce bien,
Le plus précieux de tous, le pouvoir de le combler de bienfaits *. »
1. • As io the hoUow breaet of Apennine Beneath tbc shclter oT encircliug hills, A luyplle rises far frora human eye,
And brcathes its balmy fragrance o'er the wild. Se flourished blooming and unseen by ail The sweet Lavinia. •
On a remarqué que la botanique de Pope laisse à désirer. Virgile avait plus exactement noté Thabitat du myrte : « amantes littoru myrtes •.
2. Autumny 290-293. Le trait, tel qu'il est, appartient à Pope. L'idée en était en germe dans le texte de Thomson (édit. de 1738), mais mal et lourdement développée :
« Wilh barvest shining ail thèse Fields are Ihine; And if m y wisbes may présume so far, Their master too, who Ihen indeed were blest To make the daughter of Acaslo so. •
Nulle surprise que la correction de Pope ait été adoptée avec empressement. Quelques vers plus haut, Pope avait voulu supprimer un elTet d'antithèse un peu analogue, mais cette fois Thomson regimbe et conserve son vers et sa pointe :
• And is when unadorned adorned the most. •
L'invraisemblance de la fable est naive. La pauvre glaneuse dont la vue inspire dès l'abord à Palémon un violent amour, lui parait ressembler au vieil Acasto, son bienfaiteur, dont il recherche depuis longtemps la fille, et il se trouve que Lavinia est cette fille même. Les sentiments sont d'une psychologie toute sommaire.
« Il la vil charmante, mais il ne vit pas la moitié Des charmes que sa vue modestement haissée tenait cachés; A ce moment même l'amour et un chaste désir Naquirent dans son sein *. »
Cet amour, de naissance si subite, s'exprime en exclamations, en interrogations et en interjections continues : « Quel dommage qu'une beauté si délicate.... soit destinée aux rudes embrassements de quelque rustre grossier M — 0 vœu romanesque, je voudrais qu'elle fût sa fille*! — Es-tu donc la fille laissée par Acasto *? — 0 toi, plus douce que le printemps ' ! — II te sied mal, oh î il sied mal à la fille d' Acasto ^ ï),elc.
Saint-Lambert n'a pas conservé l'épisode '; peut-être l'origine biblique lui en déplaisait elle. Mais le récit est resté longtemps populaire en Angleterre. Goldsmith le faisait figurer parmi ses extraits choisis des beautés de la Littérature anglaise * ; et un poète provincial y prenait la matière d'un long poème en deux chants *. Nous ne recommandons à per-
1. Autumn, 229-232. — 2. Ibid.y 231-241. — 3. Ibid., 251. —4. Ibid., 265. — 5. Ibid,, 210. — 6. Ibid,, 282.
7. l\ lui en Tautun cependant pour rAutomne. Il reprend le premier épisode de Summer^ le dépouille du tout ce qui en faisait la raison d'être, et le réduit à la plus insignifiante anecdote. Cinquante vers nous apprennent que la naïve Rosette et le jeune Lubin s'aiment, qu'un orage les effraie, qu'ils veulent rentrer chez eux, rencontrent sur leur chemin un tombeau, et en profitent pour jurer de s'aimer toujours.
8. « Sélection of the Beauties of English Literature. » L'hommage ainsi rendu à l'auteur des Saisons est d'ailleurs fort diminue par cette remarque dont Goldsmith fait précéder le morceau : « Mr. Thomson, though in gênerai a verbose and afTccted poet, has told this story with unusual simplicity. It is rather given hère for being mucb esteemed by the public, than by the éditer. • {Murray's Goldsmith, vol. lU, p. 438.)
9. « Palemon and Lavinia, A Letjendary Taie. In two Parts. Enlarged from a story in Thomson's Seasons, by David Mountfort, Prompter of the Theatre-Royal. Edinburgh. » 1183.
L'ouvrage est devenu très rare. L'exemplaire du Brilish Muséum est incomplet. Le poème est écrit en strophes de quatre pentamètres A rimes alternées. La première partie contient LVII1 strophes, la seconde doit avoir
t384 JAMES THOMSON.
sonne la lecture de Fœuvre de Mountford. Nous reconnaissons même que sous la forme beaucoup plus brève où il parait dans les a Saisons », le récit n'est ]>as un chef-d'œuvre. Thomson, avec la collaboration de Pope, ne nous a pas donné une version nouvelle à comparer au simple et pénétrant récit de la Bible. Son imitation est bien pâle à côté de la sobre esquisse où Hugo a fixé le charme grave de Pidylle juive *.
Au total, on le voit, ces passages ne sont pas de ceux qui ajoutent beaucoup à la gloire du poète. Ils viennent moins de lui-même et de l'inspiration de son vrai génie, que de son temps et des influences qui Tentourent. Il n'a ni le talent de narration alerte et souple, ni le don dramatique qui aurait pu insuffler la vie aux personnages de ces petites scènes. Et cependant, même dans ces hors-d'œuvre, se retrouvent encore quelques traces de la personnalité vigoureuse du maître. Dans l'ampleur et la sonorité du vers d'abord. Et puis, pour ce qui regarde le plus important de ces épisodes, dans une manière à tout prendre plus large, plus robuste et plus saine, qui tranche au milieu des œuvres de ce temps. Le tableau de genre du bain de Musidora — le souvenir le plus saillant que laisse la lecture de ces passages narratifs — peut avec avantage être comparé aux scènes analogues où se complaisent la littéi-ature et Tart du xviu" siècle. Pour la morale comme pour l'art, la sensualité un peu grossière des peintures de Thomson vaut mieux que les mièvres élégances de Prior, de Parny ou de Dorât, ou que la licence à froid de Swift, de Montesquieu ou de Voltaire. Il y a dans son fait une teinte de réalisme peu délicat, mais il n'y a pas de libertinage. Et c'est peut-être un mérite que d'avoir rappelé, à Tépoque où flori.ssait IJoucher, les droits et la beauté du naturel, fût-il même un peu cru.
à peu près la môme élendne. à en juger par le développement aUeint par le récit à la slrophc L, la dernière qui figure dans l'exemplaire de la grande Bibliollièque de Londres.
1. La Létjende des Siècles, Hooz endonni. — A. Chénier semble avoir eii la pensée de Irailer le même thème, témoin ce >ifi' fragment dMdylle qu'il imite • des vers de Thomson en faveur des pauvres glaneuses •,
Patriotisme et Politique.
y a dans les « Saisons » bien d'autres développements sites que les Épisodes. Ceux-ci étaient, au moins par jue lien fragile, rattachés au poème descriptif. Nombre très morceaux * ont pour seule raison d'être le désir du 2 d'entretenir ses lecteurs des sujets qui occupaient alors i^prits, ou de faire une place — au second plan et der- ! la Nature — à un nouveau personnage, James Thomson Qùme. Nous passerons rapidement en revue les passages lous sont ainsi révélés les pensées de son esprit et les :ions de son cœur, les jugements de son goût aussi bien es témoignages de sa science ou les traits de son esprit, patriotisme est une des sources d'inspiration qui vien- Ic plus souvent alimenter ces effusions du poète. Il avait rté d'Ecosse une foi nationale sincère, et il y mêlait, le savons, quelque secret espoir que la politique le lirait, comme plus d'un écrivain avant lui, à la richesse ^ honneurs. Aussi sommes-nous tentés de lui savoir gré qu'il n'ait pas plus souvent encore abandonné le sujet e de son poème pour adresser à ([ui de droit les tirades i patriotisme quelquefois éloquent et souvent déclama-
3casion en est d'ordinaire l'éloge de quelqu'un de ces n'S d'État du parti whig auxquels il était attaché par ses 'tions non moins que par ses ambitions ou sa reconnais- Nous voyons apparaître successivement au milieu des iix de la nature (comme, dans les parcs alors célèchaque tournant de chemin était orné d'une colonne, urne ou d'un terme), les portraits de ces hommes ;s, de renommée fort inégale, auxquels le poète assigne
lelqucs clntrres préciseront l'importance relative de ces deux élérournis par le poème. Dans Tlliver, qui ne renferme pas d'épisodes, G vers, 37o, soit plus d'un tiers, sont consacrés à ces dêveloppericcessoiriîs. Le nombre en serait dans le « Printemps • de 500 vers, !;, soit près d'une moilié; dans V « Kté - de 073, sur 1805; et dans omne • àe 0i8, sur 13T3.
or
d'uniformes et sublimes vertus : Dodinglon ", Onslow , Argyle 3, Forbes*, Lyttelton*, Pitt®, Cobham ", Wilmington* ou Ciiesterfield •. — Nous n'avons guère de renseignements utiles à recueillir de ces extraits. Cen*estpas dans les louanges extravagantes adressées à des Dodington ou à des Wilmington que rhistoire cherchera des documents sur les hommes d'État du xviu' siècle. Mais ce qui peut frapper dans ces panégyriques, c'est l'insistance avec laquelle l'auteur célèbre chez ses héros leur amour de la liberté, leur déypuement à la patrie, et aussi (car la plupart appartiennent à l'opposition) aux doctrines du parti whig. Le terme patHot revient sans cesse dans Ténumération des vertus de ces politiques. Le mot n'a pas alors la même valeur qu'aujourd'hui. Les « patriots » ce sont les partisans des droits de la nation, en contraste avec les serviteurs trop zélés du roi *".
Mais le patriotisme, avec le sens que nous attachons à ce mol, est également présent dans ces effusions de Thomson. Le poète ressent et exprime fortement l'orgueil national de ses concitoyens et de ses contemporains. Il a le patriotisme local de l'Écossais. 11 énonce avec fierté les beautés de son pays de lacs, de forêts et de montagnes ; il en résume l'histoire avec enthousiasme **. Mais il a surtout le patriotisme britannique. A maintes reprises il exprime l'orgueil que lui inspire la grandeur de sa patrie, et qui ne va pas sans une bonne part de dédain ou de haine pour les rivaux de l'Angleterre". 11 demande qu'un honmie d'Klat se lève, digne de présider aux détestinées de la patrie et qui ne souffre plus celte humiliation de laisser les bateaux hollandais pêcher dans les baies et les estuaires anglais *^î Ce sont parfois des occasions inattendues qui font jailUr ces hymnes à la gloire de la Liberté ou de la constitu-
1. Summer, 21-31 — 2. Autumn. 0-22. — 3. Ibid., 929-943. -- 4. Ibid., 944- 949.— 5. %m.9, 903-961.— 0. Auiumti, 1048-1069. — ". /6/V/., 10-0-1081. — 8. Wifiter, 17-40. — 9. Ihid., 6:)6-690.
10. C'est le sens que le mot conservait encore dans la langue de Burke lorsque le grand orateur représentait radniinistration de Pitt (1166) comme formée d'éléments hétérogènes : a patriots and courtiers, King's frieiids an d republioans, whigs nnd tories, trcacherous friends and open encmies, etc. » (Cité par A. T. Thomson, p. 332.)
U. Autitmn, 878-909.
12. L'ennemi Gaulois reçoit, bien entendu, la plus forte part de ces traits. Voir par exemple : Summer, 428-430, et Autuinn, 107.5-1017.