Aulumn, 400-i2i
39â JAMBS THOMSON.
tion de là chasse. Le peintre et le moraliste avaient ici un prédécesseur illustre. Nous ne nous étonnons pas de trouver dans les vers de Thomson plus d'un souvenir d*une scène célèbre de Shakespeare \ C'est à lui que notre poète emprunte Tépithèle a sobbing* ï>, et « mark his side with gore ' i, et Tidi'e de la dernière souffrance du pauvre animal que fuient ses frères égoïstes, et ce vers qui est presque de toutes pi«'ces emprunté au grand dramaturge :
€ Tlic bifî round lears nin down his dappled face *. »
Les soulTrances même des bêles de proie éveillent chez le poète quelque sympathie. Après avoir engagé les chasseurs à tourner leur ardeur contre le lion, Je loup, le sanglier ou le renard, (c le nocturne voleur », il constate l'héroïsme du bandit qui, a forcé et dur à tuer, se laisse sans une plainte « déchiier par cent gueules impitoyables * ». C'est là une note très moderne que ne connaissait guère la poésie antérieure à notrcî siècle. Le renard de Thomson n'est pas indigne d'être mentionjic à coté du loup de Vigny, qui
« Sans diiifincr savoir comnuMit il a péri,
Refermant si's grands yeux, meurt sans jelcr un cri •. »
Cela suftirait sans doute à montrer que c'est bien à Thomson que revient l'honneur d'avoir, le premier depuis Shakespeare, témoigné une sympathie pour les soulîrances des animaux et prononcé un plaidoyer ému en défense de leur faiblesse et de leur droit à la vie. C'est une injustice que d'attibuer à Gowper et à Biirns le mérite d(î cette compassion et de ce rappel à l'humanité ".
1. .l.v You tikfi //, acte II, se. i, du vers 21 à la On de la scène.