‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 173 sur 272 · Mntei\ "U-7i3. — A comparer, chez un de nos poètes · texte numérisé non relu

Mntei\ "U-7i3. — A comparer, chez un de nos poètes

't Lorsque la froide pluie enlin s'en est allée, El <iue le ricl gaioiont ouvre son bel œil bleu. '>

(Tu. GAi.TiEn, Paysayes.)

:i. Même elTcl plus bref encore dans Coleridge :

u Al one slride cornes tli<* dark. »

{The Ancienl Mariner.)

4. Summer, 8!, 82. - 5. M/W., iiT-ino. - G. Spring, 196. — 7. WltUery «0, 81.

Il y a même un degré d'humanisation plus marqué, propre à faire songer à Shelley, le magicien qui a répandu partout la vie parmi les êtres de la nature, dans des expressions telles que celles-ci : a Les nuages chancelants — hésitent comme pris de « vertige, et ne sachant pas — à quel maître obéir * ». — t Les « nuages mêlés — aux étoiles qui glissent rapides, fuient sur le « ciel. — Toute la nature chancelle *. » — « Les nuées faticc guées se réunissent lentement et s*amassent en ténèbres « massives '. d

Mais il n'y a guère dans ces expressions que le degré de personnification impliqué dans toute métaphore qui institue comparaison avec un être humain. Pour les personnifications proprement dites, nous avons vu que si quelques-unes chez notre auteur sont poétiques et brillantes — celles en particulier qui conservent un caractère flottant et indéterminé, — beaucoup au contraire ne s'élèvent pas au-dessus du niveau de ces figures insignifiantes, ornements factices et d'usage banal qui emplissent le magasin d'accessoires de la poésie du xviir siècle. Notons, pour terminer cette partie de notre étude par un éloge accompagné de moins de restrictions, que Thomson ne mêle pas la mythologie à ses descriptions. Les signes du Zodiaque figurent dans son poème, et C/ette astronomie fabuleuse est pour nous dénuée de tout intérêt. Mais rien n'était alors plus naturel ni plus familier aux lecteurs *. Quant à ces dieux que peintres, graveurs et poètes faisaient couramment descendre du ciel pour les mêler aux scènes de la vie rustique, Thomson n'a pas de place pour eux dans ses paysages. Il a compris l'absurdité de ces cacophonies contre lesquelles Reynolds élèvera plus tard la protestation de son robuste bon sens *. Les

1. Winter, 121-123. — 2. Ibid.y 195-197. — 3. Winler, 202, 203.

4. a Le Soleil sorl du Bélier, et le Taureau brillant le reçoit » {Printemps^ 20, 2"). — • Quaad les Gémeaux cessent d'être embrasés et que le Cancer rougit. » {Ét^, 43.) « Qiiaud la Vierge brillante nous donne les jours splendides et que la Balance pèse Tannée daus ses plateaux équilibrés. • (Automne, 28.) • Maintenant que rArcIier-Cenlaure cède au Capricorne Tempire désolé du ciel. » {Hiver, 41.) C'étaient là façons de parler ordî* naires et aussitôt comprises. Le sobre Pope les employait aussi :

• Now Cancer glows wilh Phœbus' fier y car. *

[Windsor Foi^st, 147.)

• Now bright Arcturus glads llie teeming grain. »

(Autumn, 72.)

5. Sir J. Reynolds, The Fowteenth Discourse, t. I[, p. 90, 91.

c Saisons Jt du poète anglais ne renferment rien que nous puissions comparer à ces vers où Saint-Lambert, son imitateur français, fait intervenir de façon si saugrenue une des déesses païennes :

Il apprendra cel art de choisir les engrais. Ce grand art qu'à Townsliend a révélé Cérès '.

Ije phrase et la période poétiques.

Opposition avec la langue de Pope, La liberté ramenée dans le style. — L'étude de la grammaire et des procédés de rhétorique de Thomson ne nous a pas fait constater chez lui Tindépendance audacieuse qui se manifestait dans le choix de son sujet et dans le plan de son poème. Nous allons au contraire retrouver un même affranchissement des influences régnantes et une même initiative féconde, en étudiant les formes de sa phrase et de sa période poétiques. Alors que le poème s'élaborait, le prestige souverain de Pope semblait avoir donné Texemple et le précepte de ce qui devait être à titre défmitif la langue de la poésie. L'œuvre presque entière du maître est écrite en distiques rimes. A force de condensation, d'efforts successifs vers une netteté toujours plus brillante et plus incisive, l'école était arrivée à la perfection de cette forme d'art. La phrase brève, rapide et frappante est, il est vrai, saccadée, monotone, étriquée. C'est une pierre taillée avec une irréprochable habileté; mais de ses vives arêtes et de ses facettes brillantes il ne jaillit qu'un éclat sans chaleur. Toute phrase renferme au moins un trait. La pensée procède par un perpétuel balancement d'antithèses. Antithèse entre les deux vei*s du distique ou les deux hémistiches du vers ; parfois aussi entre les diverses épithètes appliquées à un même terme, ou entre les différents termes d'une énumération. Tout le talent d'un écrivain comme Pope ne peut sauver de la monotonie et de la

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