‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 185 sur 272 · EuffUsh Composition and ïihetoriCf p · texte numérisé non relu

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uns et des tentatives incertaines d'un petit nombre, il a revendiqué pour le monde matériel une place au premier rang parmi les objets do l'art et de la poésie.

A cette tâche il a porté d'éminentes qualités d'artiste. Soo talent de description le fait Tégal des plus grands j^armi b maîtres. Sa vision des choses est large et embrasse d'oixliuaire l'ensemble des scènes. Mais à ses tableaux de vastes spectacles, se mêlent nombre d'observations de détail, délicates et précises. Il s'attache surtout à peindre les masses; mais ses descriptions révèlent toujours une organisation d'observateur et d'artiste singulièrement riche et souple.

Son interprétation de la nature n'offre pas, il est vrai, Tintensité d'éclat ni le pathétique intérêt qui s'attachent à celles d'autres écrivains. Elle n'est pas dramatique comme celles des nombreux poètes qui voient les choses à travei's les émotions et les passions humaines. Elle n'est pas philosophique et profonde (!omme celle de Wordsworth. Elle n'est pas lyrique et créatrice de vie comme celle de Shelley. Mais elle esl la pliii complète, la plus sincère et la plus vraie parmi celles «jui ouï visé seulement à reproduire fidèlement et directement la beauté qui émane des mille aspects du monde sensible.

Pour son œuvre originale il s'est fait une forme à peine moins indépendante du goût alors régnant. Son vers et sa langue ramènent dans la poésie la liberté, l'ampleur et le grand style qui y étaient devenus aussi étrangei's que la connaissance du monde matériel. Mais cette forme éloquente et somptueuse reste troj) uniformément oratoire, pomi^euse et tendue. Les quelques occasions où le ton s'abaisse n'inlluenl pas assez sur l'impression générale. Et sous cette envel(>|)i)e ti'op riche et trop raide risquent de disparaître mille délail^ gracieux et familiers qu'il en faut dégager pour apprécier justement le génie de l'écrivain.

Par lui-même le fond de l'cruvre reste digne de toute adniiration. En dépit des elVets nouveaux plus subtils et plus ambitieux que les poètes ont depuis tirés de l'observation d»^ (îhoses, les peintures de Thomson gardent leur beauté pour les lecteurs de toutes les classes. Mais pour rendre justice ;i l'écrivain il faut un peu de critique et d'histoire; il faut le comparer à ses prédécesseurs et à ses contemporains. Sa langue, pleine de hautes qualités, manque de soupière et de

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