I. • How fares Ihe king
« Madam, ihe king is well;
His hearl impatient to confer with yours, Scnds me befbre him wilh ils warmesl wishes. Us warmest gralulations.
This crown which circled once the royal brows Of Hecuba, of Priam's lofly queen, He prays you to accept ».
« There set it down. •
« Only al one, with much ado, we toach'd.
Net without risque. »
« And why? »
« Madam, compelled By sacrcd pity. »
2. Il y a là dans la tragédie anglaise un souvenir de VAgamemnon de Sénèque. Le récit delà tempête y ost le grand morceau de bravoure de li pièce. Il y occupe cent cinquante vers (de 416 à 469).
Il est évident que Thomson ne prend ni ne conserve sans un effort pénible le ton de la tragédie. <i Agamemnon » nous présente plus souvent que <c Sophonisbe » des réminiscences qui ressemblent à des emprunts.
How art thou fallen ! to what dishonour fallen * !
est un souvenir direct de Milton. Ailleurs ce sont des mouvements de phrase où se rencontrent les particularités, les procédés de style les plus connus du grand poète épique :
Still on my thoughts your strange delivery dwells.
By Agamemnon leH to aid the Queen
With faithful counsel, whilc hc warrM ai Troy :
And thus by Agamemnon to be savM,
Returning from that conquest! wondrous chance !
Or rather wondrous conduct of the gods !
By mortals, from their blindness, chance misnam'd «.
He comes ! he comes ! Ihe hapless victor cornes ^ !
s'écrie Clytemnestre en proie à la honte et à la crainte. C'est un souvenir assez singulièrement employé de l'exclamation joyeuse qui annonce l'arrivée de Bacchus dans l'ode célèbre de Dryden.
Mais c'est principalement sur le maître du théâtre anglais que s'appuie Thomson. Malheureusement il n'est donné à personne d'imiter cette langue si conforme à la vérité des caractères et des situations que les personnages semblent n'en pouvoir parler une autre, mais si riche en même temps de beauté poétique, et toute chargée de puissance dramatique. Tantôt c'est une énergique pensée de Shakespeare que Thomson reproduit en l'afTaiblissant singulièrement :
He who the falhers's hearl More lender has than mine, too lender has it ^.
1. Acte I, se. iv. — 2. Acte IH, se. i. — 3. Acte I, se. m. 4. Acle II, se. 11. — Cela ressemble un peu à une parodie des vers de Macbeth :
« I dare do ail that may become a man ; Who dares do more is none. •*
(Acte I, se. viif 46.)
1 am not jealous ;
In me that passion and contcmpl were one ^
nous offre la transposition d'un passage célèbre d' € Othello i. Ce sont les paroles du Maure dépouillées de tout ce que l'on y sent frémir de fierté et de douloureuse angoisse *.
L'imitation est parfois plus heureuse. Dans la première scène de l'acte III le récit fait par Mélisandre de son enléfement et de son abandon sur une ile déserte rappelle assez le mouvement et le ton des narrations de style tempéré qui marquent quelquefois un repos dans le drame de Shakespeare.
Du reste ces réminiscences ou ces imitations directes sont trop nombreuses pour que nous les relevions toutes. Nous nous contenterons d'en signaler quelques-unes encore dans les différentes parties de la tragédie.
L'emploi un peu étrange du pronom she comme substantif: « Ill-fated she! — Who must forgive ' » est sans doute justifié aux yeux de l'auteur par les exemples analogues de Shakespeare *. m Cousin, I greet you well » nous fait entendre, avec un à-propos contestable, une des formules de salutations ordinaires sur la scène de Shakespeare, a Thus filch away my crown ^ », semble d'une énergie un peu brutale au milieu du langage noble des personnages; c'est évidemment un souvenir d'un passage célèbre d' « Othello * ».
Dans la même scène, deux vers plus loin :
One timely dccd
Is wortli ton Ihousand \vords,