Paradise Lost, BU. IV
4. « Orient, the Queen of Nighls emits her dawa And throws unseen her mantle o'er the lawD. •
(The Wanderer, canto lU, 13, 14.)
patuit » —, mais nous voulons qu'en même temps le poète conserve devant les yeux de notre imagination les apparences réelles du spectacle qu'il décrit. Aucun portrait de reine ou de déesse ne saurait égaler les splendeurs d'une nuit d'été.
k un degré plus modeste, les allégories consacrées par Thomson aux quatre Saisons, ont aussi ce mérite de conserver l'équilibre qui convient entre la vérité de la nature et la convention d'une représentation symbolique. Une fois seulement il prolonge et précise la personnification.
« Sur son trône, dans un palais de glace azurée, c'est ici que « l'Hiver tient sa triste cour; et, dans les vastes salles s'entend « toujours le tumulte bruyant des tempêtes furieuses. C'est là a que le tyran farouche prépare ses fureurs; qu'il arme ses « vents du gel irrésistible, qu'il façonne la grêle cruelle, et qu'il « amoncelle les neiges dont il accable maintenant la moitié du « globe '. » L'image est vigoureuse et l'assimilation suivie avec rigueur. Mais ce monarque ennuyé et farouche, dans son arsenal de grêles et de neiges, ne nous donne pas la vraie poésie de l'hiver. Nous la trouverons bien plutôt dans les vers où le poète a peint la nature accablée sous l'influence du froid et des tempêtes, et revêtue d'une tristesse ou d'une horreur qui ont encore leur beauté.
Enfin, au-dessous des allégories soutenues, au-dessous aussi des personnifications incomplètes dont nous venons de parler, il est des formes de description où une comparaison avec un être vivant est à peine suggérée. L'objet est peint avec son caractère véritable, mais dans l'image intervient un mot qui exprime l'état ou l'action d'un être humain. Ces personnifications embryonnaires sont vraiment la langue courante de la poésie. Elles naissent spontanément sous la plume des grands écrivains. Elles sont la forme que prend naturellement le langage sous l'influence d'une vive émotion. Elles ont puissamment le don de nous communiquer l'impression ressentie par le poète. Dans toutes les littératures les maîtres les ont prodiguées. Elles forment quelques-uns des traits les plus souvent cités des œuvres les plus célèbres. — Lorsque dans un immortel duo d'amour un personnage de Shakespeare dit : « Combien doucement la lumière de la lune dort sur ce
i. \Vinter, 894-901.
tertre * », la personnification suggérée par ce verbe est s) efifacée que l'esprit ne s'y arrête pas, et cependant quelles vibrations prolongées cette simple note éveille dans notre âme! Quand le roi Lear défie la tempête : « Soufflez, vents, jusqu'à faire éclater « vos joues! * » n'entendons-nous pas l'énergie violente du vieux roi dans cette personnification rapide? — La poésie des anciens est pleine d'effets de cette nature. C'est chez ceux des écrivains modernes qui se sont le plus abondamment abreuvés aux sources antiques que Ton en pourrait relever les plus heureux exemples '.
Thomson en fournirait un grand nombre. Si quelques-uns reproduisent des alliances devenues banales % si quelques autres trahissent trop directement l'imitation des grands modèles classiques ', beaucoup au contraire sont bien personnels et sont charmants, éveillent d'un seul mot une vive