‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 212 sur 304 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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description. Douze au moins, sur les dix-huit, nous offrent des peintures de spectacles naturels. Quelques-unes sont entièrement consacrées à cet objet, comme la pièce sur le mois de mai, ou celle qui a pour titre <( Le matin à la campagne ». Mais alors même que le sujet principal est différent, on sent que Tâme et les yeux du poète sont pleins d'images et de visions de la nature, qui, à la première occasion, viennent se condenser dans ses vers. Le morceau, par exemple, qu'il intitule a Sur la. Beauté » renferme, après un court préambule, trente vers de description très riche et très variée. Le lieu enchanté, « happy place », qui s'y trouve décrit a même un caractère exact et individuel qui se retrouve rarement dans l'œuvre de Thomson; en même temps que la description revêt parfois une largeur et une puissance d'évocation pittoresque qui annoncent l'auteur des a Saisons ».

Monts et vallées s'élcndent dans une confusion charmante : Le troupeau broute et se disperse sur les pentes des collines, Et emplit tout le voisinage de ses bêlements : Et sur les sommets élevés de hautes forêts s'agitent verdoyantes'.

Dans un morceau moins important, pastorale où nous entendons dialoguer les bergers Thirsis et David, et l'Ange Gabriel, l'annonce de la naissance du Sauveur est saluée par les pasteurs comme devant transformer l'aspect de la nature :

L'année ne ramènera plus les horreurs hivernales ; Une immortelle verdure vêtira les monts et les vallées, Et de suaves odeurs empliront les brises parfumées *.

Devenu étudiant et habitant d'Edimbourg, Thomson n'a rien perdu de son amour pour la campagne. Ce sentiment s'est au contraire accru au contraste de la ville. La pièce de cent dix vers qui a pour titre « D'une vie rustique » nous montre le

« And hiils and vales in siweet confusion lie : The nibbling flock strays o'er the rising hills, Ând ail around with bleating miisic fltls : High on their fronts tali blooming forests nod. ■

• No more the year shaU wintry horrors bring.

Immorlal green shall clothe the hills and vales And odorous swects shall load the balmy gales.

poète blessé des laideurs et du bruit de la ville. Elle évoque en traits précis et nets ces scènes de la vie des champs où se plait le jeune homme. Les vingt premiers vers sont employés à mettre en contraste le tumulte des villes enfumées et les sons doux et charmants de la campagne.

Ces descriptions, il faut revenir sur ce point, ont souvent un caractère exact, local, de chose vue et non pas seulement d'impression générale vaguement conservée. On le vérifiera par exemple dans la courte pièce ce Le matin à la campagne ». Chaque vers y apporte Técho d'une observation directe. Les notations de sensations variées : vue, odeur et son s'y succèdent. Le berger qui y figure n'est pas le mythologique et incolore personnage de tant de pastorales. C'est le plaid écossais qu'il jette sur ses épaules avant de faire le tour de son parc à moutons; et, s'il doit plus tard « chanter », lui aussi, a les louanges de quelque charmante bergère », il commence par « remettre en place sur le talus de clôture les mottes tombées « pendant la nuit ».

Voilà la vraie et franche inspiration d'où sortiront tant de fraîches descriptions des a Saisons ». Le jeune poète se laisse très rarement entraîner jusqu'aux hyperboles extravagantes ou aux concetti qui forment la monnaie courante de la langue des bucoliques. Dans la « Pastorale entre Thirsis eï Corydon, sur la mort de Damon », nous lisons bien :

0 ruisseaux qui glissez, pleurez au point de laisser à sec votre lit; Les flots de mes larmes rempliront abondamment ^

Mais de pareilles fautes de goût sont très rares dans ces productions d'un enfant ou d'un très jeune homme. Si toutes ces pièces restent assez médiocres, en dépit de quelques traits de description heureux, c'est par la teinte grise et monotone de l'ensemble, et non par la recherche d'ornements criards. L'inspiration ne vient pas au poète des pastorales artificielles de l'école; mais de la nature avec laquelle il vit en communion intime, et du poète Ramsay pour qui son admiration s exprime dans la pièce intitulée « Sur la Beauté * ».

i, • Ye gliding brooks, o weep your channels dry,

My flowing teard them fully Fhall supply. »

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