Ces vers par exemple de l'acte II, se. i
«... Where yon oak With wide and dusky shade o'erhangs the slream * That glides in silence by, I took my stand
What time the glow-worm thro' the dewy path First shol his twinkling flame ».
Ou ceux-ci dans lesquels le royal fugitif parle de ses enfants :
« ... G, what safe shade Can skreen their opening blossom from the storm Thaï beats severe on us? Not sweeter buds The primrose in the vale, nor sooner shrinks At winter's churlish blast. •
(Acte II, se. II.) « de la destruction étaient présents et mêlaient à la trame
€ leur puissance maudite; et toujours les sœurs chantaient : « Hépands, 6 étendard, répands sur nos ennemis cette
Qi ruine * ! »
Ils pouvaient surtout, au milieu de reffervescence du sentiment national, au moment où se préparaient les expéditions de Vernon et d'Anson, applaudir à l'expression de ce patriotisme ardent et violent qui emplit et soutient ces deux actes. C'est lui qui, après tant de pages d'une rhétorique justement oubliée, a inspiré les six strophes immortelles de <( Rule, BHiannxa. » Le succès de ces vers fut immédiat et il fut prodigieux. Dès, les premières représentations d' a Alfred x> la faveur populaire s'attacha à ce chant. Les Anglais n'ont cessé depuis de l'associer à toutes les manifestations de leur orgueil national. Il restera, comme le dit Southey, ce l'hymne politique de l'An- « gleterre aussi longtemps qu'elle saura maintenir sa puissance « politique ». Il mérite cette haute fortune. Au contraire de ce qui s'est passé pour notre chant national, où l'élan de la musique emporte des stances dont la violence déclamatoire paraîtrait en elle-même bien froide, dans Thymne britannique la musique fait un accompagnement grave et sobre aux paroles. Et celles-ci, sans trop d'emphase, traduisent cette fierté qu'inspire au peuple anglais sa glorieuse histoire. Tous ses titres d'honneur sont rappelés l'un après l'autre : la liberté politique d'abord qui, pendant tant de siècles, a fait de l'Angleterre une si étrange anomalie parmi les nations de l'Europe, puis la gloire militaire, la richesse due à l'agriculture et au commerce, la splendeur d'une admirable littérature, la beauté même des femmes de l'île heureuse, et le cou-
« Wrought by the sisters of the Danish king,
or furious Ivar, in a midnight hour :
While the sick mooD, al their enchanted son g
Wrapt in pale tempest, laboiir'd through Ihc clonds.
The Démons of destruction then, they say,
Were ail abroad, and mixing wilh Ihe woof
Their baleful power : the sisters ever siing :
— Shake, standard, shake thîs ruin 0:1 our foes! •
rage des hommes qui les protègent *. Après la mention de chacune de ces gloires revient le lier refrain qui s'est gravé dans le souvenir et dans le cœur de tout Anglais :
Règne, ô Britannia, règne sur les flots, Jamais les Bretons ne seront esclaves.
N'est-ce pas une chose singulière que l'on ne puisse dire avec certitude auquel des deux poètes revient l'honneur d'avoir donné à l'Angleterre son chant national '? — On sera tenté de croire que peut-être il est dû à leur collaboration. C'est de toutes les solutions de la difficulté la plus improbable. Le morceau, du reste fort bref, est trop homogène, emporté d'un élan trop soutenu pour qu'on y puisse supposer une double origine. Le seul renseignement de fait que nous ayons sur le mode de travail des deux, associés est la préface mise par Mallet à l'œuvre refondue et amplifiée par lui en 1751. Il y dit que les deux auteurs avaient une part nettement séparée dans l'œuvre primitive '; — mais il ne dit pas auquel des deux appartient l'ode finale. Chacun des poètes a trouvé ses partisans. Mr. Bol ton Corney, l'un des éditeurs les plus savants et les plus scrupuleux de Thomson, Mr. Dinsdale qui a publié en 1837 un recueil des « Ballades et Chansons » de Mallet, Mr. Julien Marshall qui a consacré à cette question des recherches minutieuses opinent en faveur de Mallet. Au contraire, Robert Bell, l'auteur de l'une des meilleures biographies de