‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 67 sur 304 · l\ devint en effet ministre d'Angleterre à Berlin · texte numérisé non relu

l\ devint en effet ministre d'Angleterre à Berlin

3. « Though the Doctor increases in business, he does not decrease in spleen, but there is a certain kind of spleen that is both humane and agreeable, like Jacques (sic) in the play. »

4. Ces voyages ont lieu à l'été de 1745, à l'automne de 1746 et 1147. Un autre était convenu pour l'année 1748. — Shenstone confirme ces indications dans une note manuscrite tracée sur son exemplaire des • Saisons >.

deux amis. Le poète, nous l'avons dit, aimait à se promener dans l'admirable parc de Richmond. Lyttelton, qui en avait une clef, l'avait mise à sa disposition; puis, il s'était vu contraint par les plaintes des jardiniers et par la demande de la duchesse de Bridgewater, à reprendre la clef pour la donner à la noble dame. Thomson proteste vainement, se croyant, dit-il, les mêmes droits que les rossignols à jouir de ces beaux jardins. Lyttelton lui fait entendre raison et le console dans les termes les plus affectueux *. Il lui donne en même temps rendez-vous pour l'emmener, quelques jours plus tard, en chaise de poste, faire une visita à Mrs. Stanley. Un autre passage exprime des remerctments pour le rhum envoyé par Thomson (et sans doute reçu par celui-ci de Paterson). Il annonce en retour l'arrivée prochaine à Kew-Lane d'un cadeau de vin de Bordeaux.

Mais ces rapports de cordialité simple et enjouée savaient aussi être élevés et graves. Lyttelton qui s'était montré dans sa jeunesse irréligieux, comme le demandait alors le bon ton % avait trouvé son chemin de Damas, grâce à Gilbert West, et aux « Observations sur la Résurrection » *. Avec la ferveur d'un néophyte, il s'efforçait de ramener à la foi chrétienne Thomson qui, depuis bien des années, s'était arrêté à la religiosité sentimentale d'une philosophie assez vague. Lyttelton, faisant allusion à la perte de sa jeune femme *, écrivait à son ami : « Mon a refuge et ma consolation, c'est la philosophie — la philoso- « phie chrétienne dont je désire ardemment vous voir devenir « comme moi un adepte.... Je vous ai envoyé une brochure sur

1. Lyttelton à Thomson, lettre du 21 mai 1747. (Dans Philumorb's Memoirs^ vol. I, p. 137.)

2. Il avait imité les Lettres persanes {lAiters from a Persian in London to his Friend ai Ispahan) en conservant non seulement le cadre de Montesquieu, mais aussi la liberté des peintures, et Taudacieuse raillerie des choses religieuses.

3. • .... Gilbert West who» you say, first led yourway to truth. • (Lettre de Pelhauià Lyttelton, du 11 juillet 1747, dans PHiLLDiORB*8ilf€moirs of lyttelton.)

4. Le 19 janvier 1747. Il avait épousé Lucy, fille de Hugh Fortescue Esq., de Filleigh, comté de Devon, en juin 1742. Il avait à cette occasion reçu de Chesterfleld une lettre de félicitations (Bath, 19 juin) où nous relevons le passage suivant : « To wish you joy were frivolous, thaï is certain and présent, but whenever thatdoes décline,... mayall its sweetness turn to strength, or, as Thompson (axe) says, may it raellow inlo friendship. • (Phillixorb^s Memoirs of Lyttelton.)

c on sujet qui y touche et dont nous avons autrefois causé. Je *'ai écrite à Kew-Lane Tannée dernière, et l'ai écrite particuc lièrementen vue de répondre à vos doutes. Vous y avez donc f un double droit. Je prie Dieu que le traité vous paraisse aussi € convaincant qu'à moi-même et qu'il vous amène à la foi du ^ chrétien, vous qui en avez le cœur *. » C'est donc pour l'édification de notre poète que Lyttelton écrivit ces « Observations sur la conversion et l'apostolat de saint Paul ^ dont Johnson fait un chaleureux éloge, et où il voit une irréfutable apologie du christianisme '. Lyttelton était persuadé que sa dialectique avait eu raison de l'incrédulité de Thomson. Dans une lettre écrite peu de jours après la mort du poète, il unit de façon assez touchante le souvenir de sa femme et celui de son ami : « Il f aimait ma Lucie, et il était aimé d'elle. J'espère, plein de c confiance en la bonté divine, qu'ils sont maintenant réunis c dans une vie beaucoup plus heureuse ». » Et dans une autre lettre de la même année, il s'exprime ainsi : c Thomson, je le «t crois sincèrement, est mort en chrétien. S'il avait vécu plus c longtemps, je ne doute pas qu'il n'eût ouvertement déclaré t sa foi, car le courage ne lui manquait pas pour faire ce qu'il € croyait être bien; Son esprit avait été fort embarrassé de « doutes que mon livre sur saint Paul (j'ai le bonheur de le t croire) avait entièrement dissipés. Il me l'a dit lui-même, et € l'a, dans sa maladie, déclaré à d'autres. — Quant au cœur € d'un chrétien, il l'avait toujours eu à un degré de perfection « qu'ont atteint peu d'hommes, à ma connaissance \... i^

1. Pbillimorb^s Memoirs and Correspondence of Lyttellon, vol. I, p. 307.

Page 1