JA.M
Je parle de ses droits et non pas de son cœur.
GUILFORT.
Sur un trône sauveur que mon amour l’eniralne; Pour nous protéger tous, prends ton sceptre de
[reine,
C'est un manteau .royal qu’il faut pour le cacher.
JANR.
A ces armes, Guilfort, on ne doit pas toucher: Car en de tels combats c'est toujours la victoire Qui flétrit le vainqueur rougissant de sa gloire. Hélas! St ce pouvoir, pour d’autres précieux,
Est si lourd , même alors qu’on l'a reçu des deux , Si tout front mortel plie au poids d'une couronne. Quel sera le fardeau , quand le crime la donne?... Moi, dont le cœur, mylord, s’est toujours abrité DansPauslére science et dans l’antiquité,
* Je cesserais d'avoir leur grandeur pour modèle.
Au culte des beaux noms je serais infidèle!
Et tous ceux que U gloire a pris pour ses élus. Tous ces illustres morts ne me eonnattraient plus! Pour voler un palais, je quitterais leur temple? Je flétrirais en moi les leçons de l'exemple.
Et prouverais à tous que leur secours divin Contre les pauions n’eal qu’un bouclier vain ! Que feraient donc de plus les âmes énervéea Qui jamais avec eux ne se sont élevées?
Pourquoi , quand sur nos fronts plane un si grand
[malheur,
Prendre pour me parler d’autre accent que le leur? Pourquoi, fier de tenter une victoire prompte Vous servir de l'amour pour m'imposer la honte? De l'amour qui devrait, dans son élan sacré, Placer plus près du ciel l'objet idolâtré!
Dieu demande aouvent, quand nous bravons le
[blâme,
Mylord, compte à l'époux des vertus de la femme. El si jamais, devant quelque mauvais dessein ,
Je sentais vaciller ma force dans mon sein, J'irais, près de vous seul, triompher de l’orage» J'iraUsur un cœur d’homme appuyer mon courage» En vous disant: Mylord , c’est l’heure du danger» Je vous donnai mon âme, il faut la protéger.
Il faut, quand mon honneur est devenu le vôtre. Que le plus fort des deux prèle sa force à l'autre» Pour qu'il n’ait rien en lui que l’on puisse flétrir» Pour l'aider à mieux vivre ou bien à mieux mourir ! Je faisais mon bonheur d'être sans diadème.
Tu viens m’en olTrir .un tout chargé d'anathème. Pardon!... toi qui peux tout, Guilfort, sur Jane Ne sais-tu pas enfin que je t'obéirai? [Grey* Et lorsque je t'aurai livré mon innocence,
Que lu me maudiras de mon obéissance!
Que lu me maudiras de les avoir perdus ,
Ces /ayons de bonheur sur mon front descendus ! Tous ces tréâors de joie il me faut te les rendre, Tu me les as donnés et veux me les reprendre. Non, tu ne le veux pas, non... ton amour séduit...
GUILFORT.
Tout ce bonheur d’hier un seul mot l’a détruit,
Et Marie en sa rage... .
JANX.
Ah 1 je verrai la reine 1 Je trouverai des mou qui fléchiront sa haine ;
Elle ne peut savoir cet odieux complot?...
Pour si bas que ton front s’incline, ilesttrophautl Tropbaul, trop près du sien pour un fronlderlvale; Ses bourreaux entre vous mettront plus d’tnter-
[vallel
Ses bourreaux te payeront ton magnanime effort. Le trône ou l’échafaud, que choisis-tu?
JANE
La mort.
* GUILFORT.
La mort!
JANE
Car è ce trône on descend par un crime, Et sur cet échafaud on s’élève en victime.
GUILFORT.
Eh bien, oui, ton trépas, lady Jane, et le mien ;
MAGASIN THÉÂTRAL
Celui de nof amis, de mon père et du tien ;
De tous tes défenseurs dans ees royales eanses, De vingt mille sujets ; cbuisis donc si lu 1 oses I...
Ob! malheureuse femme t
Il te fallait compter
Par combien de trépas tu devras l’acheter,
Celui que ton orgueil attend avec envie!
penses-tu donc payer la reine avec la vie?
■ MXE.
Déiespoirl... tjue veui iu?
GUILFORT.
Ce que je veui, enfant.
C’est un bandeau royal sur ton front iriomphant. C’est l'honneur d'altacber ton brtUanl diadème, C’est le monde à tes pied» comme J’y suis moi- Ton nom gloriKé, la rivale à genoux , [même ; Un ange descendant jusqu'à régner sur nous.
C’est un sceptre vengeur, a loi. loi, faible femme! El puis des flots d’amour à verser dans ton amc, D'émour, à faire envie au bonheur des élus.
Devant qui tes grandeurs ne s’aperçoivent plus, El qui seul puisse, au gré de mon idolâtrie.
Te faire remonter vers la douce patrie.
ji?ïE, {jour,
O mon Dieu! tous res dons qn’ll m'a faits en ce Quand vous lesreprendrer laissez-moi ion amour.
GUILFORT.
Viens de l’autel d'hymen au trône d'Angleterre. J.lftR. •
Ne punissez que moi. mon Dieu, sur celle terre. ClILFORT.
Montre à tes défenseurs pour qui leurs bras vain- JARS. [cronl.
Cet affreux diadème est déjà sur mon front;
Je le sens brûler là... Gulifort...
CÜILPORT,
Viens.
Il m’entraîne!
Seigneur, pardon pour lui!...
GUILFORT.
Ta pleures?
JANR.
Je sois reine I
GUILFORT.
Reine !
JAXR.
Et ton ail peut voir sur mon front pâlissant Ce titro dérisoire écrit en traits de sang!