‹ Janet et ses amisChapitre 8 sur 8 · DIEU EST PARTOUT · texte numérisé non relu

DIEU EST PARTOUT

Il y avait un frère et une sœur qui s’appelaient George et Lisette. Un jour ils restèrent seuls à la maison; leurs parents travaillaient dans les champs.

Il est vrai qu’ils avaient laissé à leurs enfants, George et Lisette, un morceau de pain assez grand pour apaiser leur faim pendant toute la journée, mais

George avait bientôt dévoré le sien, et se sentait encore en appétit quand il ne lui restait déjà plus rien à manger. Lisette lui donna un peu de son pain, mais cela ne satisfit pas encore à l’ap- • pétit du petit garçon, et il commença d’une voix câline à dire à sa petite sœur : “ Viens, ma bonne Lisette, nous allons goûter les confitures que ma mère tient dans l’armoire là-bas ; il y en a un grand bocal tout plein. Elle ne s’en apercevera pas, et personne nous ne verra.” Mais Lisette répondit : “ Ali ! tu serais bien méchant, George, si tu faisait cela ; ne vois-tu pas un rayon de soleil là-bas sur l’armoire. C’est le bon Dieu qui le fait luire, et il voit aussi quand nous faisons le mal.” Alors George dit : “ Eh bien ! nous irons au grenier, où maman garde de belles poires ; nous en mangerons ; là-haut il n’y a pas de enêtre, le soleil ne peut y pénétrer, et là, alors, le bon Dieu ne nous verra pas.”

Lisette se laissa tenter, et ils montèrent au grenier, mais là le rayon de soleil pénétrait à travers les ouvertures du toit, et s’agitait d’une façon étrange sur les poires, comme s’il dansait, et Lisette dit encore : “ Oh, George, ici aussi le bon Dieu nous voit; ici non plus nous n’osons rien prendre.” Ils redescendirent, et dans

l’escalier George songea à quelque chose dont il parla aussitôt : “ Tiens, dans la cave maman gardé un petit pot de crème, et là il fait tout-à-fait sombre, et il sera impossible à Dieu de nous voir. Viens, descendons, Lisette, viens, vite, vite ! ” George prit par la main sa petite sœur, qui hésitait, et l’attira vite avec lui à la cave, où il ferma soigneusement la porte, pour que le jour ne pût y pénétrer, et pour que le bon Dieu ne les aperçût pas quand its goûteraient la crème ; mais

après quelques instants il fit un peu clair dans la cave. Lisette remarqua que, par une fente dans le mur, le bon soleil entrait et tombait tout juste sur le pot de crème ; alors la bonne petite Lisette eut peur, et remonta lestement dans la chambre. Mais George resta, boucha avec humeur la fente avec de la mousse, et commença à manger la crème.

Mais pendant qu’il était bien en train de manger, le tonnerre gronda au-dessus de lui, et les éclairs brillèrent à travers la fente du mur, à tel point que toute la cave semblait en feu, et un homme noir sortit d’un coin de la cave, marcha vers George, et s’assit vis-à-vis de lui ; il avait deux yeux qui brillaient comme du feu, et avec lesquels il regardait le pot de crème, de sorte que George ne pouvait bouger de frayeur et était obligé de se tenir bien tranquille. Pendant ce temps un charmant petit ange vint à Lisette, lui donna de jolis joujoux, de belles robes, de bons gâteaux, et joua avec elle jusqu’au retour de ses parents, qui furent bien contents de voir ces belles choses. Quand ils demandèrent où était George, Lisette se sentit un peu coupable, car elle avait tout-à-fait oublié, pendant qu’elle s’amusait avec le petit ange, que son petit frère était resté à la cave ; elle s’écria:

Ti

Ah, mon Dieu, il est encore à la cave ; allons vite le chercher, peut-être qu’il ne peut plus ouvrir la porte.”

Ils descendirent tous, ouvrirent la porte de la cave* et que virent-ils ? George était encore assis à la même place, et tenait le pot de crème dans ses mains, et quand il entendit le bruit, et vit sa mère, il tressaillit et commença à pleurer. ba mere lui prit des mains le pot de crème à moitié vide, fit sortir George de la cave et le punit comme il le méritait.

George ne déroba plus quoi que ce fût, et quand plus tard d’autres voulaient lui faire faire un péché en cachette, il disait toujours : “Je ne le ferai pas, je n’irai pas avec vous, car Dieu nous voit partout, Dieu m’en préserve!” Il devint un très-brave homme.

Janet et son frère Wynnie ont une petite voiture à âne, et, comme il fait aujourcl’hui un temps superbe, ils ont invité deux de leurs petits amis à venir se promener avec eux. Wynnie tient les guides, car il est assez grand maintenant pour conduire. Ses chiens courent derrière la voiture. Avant que nos petits amis disparaissent de nos yeux, chers petits lecteurs et lectrices, ditesdeur un dernier adieu, car bien des années se passeront peut-être avant que je puisse vous redonner de leurs nouvelles.

Fin

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