SCÈNE IV
ang-èle, baissant les yeux.
Mon dieu, papa.
MESUREY
Ça n'est pas une réponse, ça.
arthur, sèchement.
C'est la première fois que j'entends interrompre la lecture d'un rapport.
-MESUREY
C'est juste, exeuse-moi.
arthur, Usant.
Cette alliance me paraît tout indiquée...
MESUREY, avec éclat.
Ouais !
ARTHUR, Vexé.
Voulez-vous que je remette la suite à demain?
.MESUREY
Mais non, mais non. Pourtant je puis bien manifester mon étonnement, voyons?
ARTHUR
Il y a manifestation et manifestation. La tienne ressemble à celles de la C. G. T. (Lisant.) Cette alliance me paraît tout indiquée. J'ai pu constater de visu qu'un locataire de la maison située en face de la nôtre ne serait pas fâché de s'unir à notre famille en épousant avec ma sœur.
mesurey, à Angèle.
C'est vrai, ça?
angèle, très rouge.
Puisque le rapporteur le dit.
Oui, mais les rapporteurs ça se trompe des fois, on en a déjà vu, tu sais?
ANGÈLE
Arthur n'est pas de ceux-là.
MESUREY
Bravo. Je demande la parole. (Se levant.) Comment? Vous vous engagez dans des affaires de cette gravité sans même m'en dire deux mots 1
ARTHUR
Mais papa, on ne s'est engagé dans rien. Et tu vois bien qu'avant de conclure quoique ce soit on t'en dit deux mots?
MESUREY
Je le crois parbleu bien, Angèle a besoin de mon consentement.
angèle, protestant.
Ce n'est pas la seule raison.
ARTHUR
Papa, ce jeune homme n'a jamais parlé à Angèle.