‹ Je dîne chez ma mereChapitre 22 sur 69 · DIDIER, SOPHIE · texte numérisé non relu

DIDIER, SOPHIE

SOPHIE

Quand vous voudrez, monsieur ?

DIDIER

Es-tu assez gentille?

J'ai bien l'air d'une grisctte, n'est-ce pas ?

DIDIER

Tu me rappelles la rue Saint-Germain l'Auxerrois.

SOPHIE

Nous allons à pied, pas vrai? ça me changera.

D(DIER

J^aimerais mieux la voiture, ça me changerait.

SOPHIE

Y penses-tu? à la voitm-e, on reconnaîtrait Sophie Arnould.

DIDIER

Ah! à propos de Sophie Arnould, je savais bien que j'avais encore quelque chose à te dire.

SOPHIE

Parle.

DIDIER, gravement.

Sophie, mon père est un ancien maçon, franc du collier; et ma mère une femme toute ronde et qui ne fait pas de façons; elle est convaincue qu'au physique et au moral je suis le chefd'œuvre de la cre'ation... Ne pas la détromper, si vous tenez à sortir de chez nous avec tous vos yeux... On vous offrira de la soupe aux choux; c'est pour moi qu'elle est faite, cette soupe; je la déteste et j'en demande deux fois... Ne pas faire la grimace, ça désobligerait les parents... Ils laissent un peu à désirer sous le rapport du langage et des manières; moi, ça m'est égal, je les aime comme ça; mais, il y a des gens qui pourraient en rire... Ne riez pas, Sophie, ça me ferait de la peine. Vous ne verrez pas de porcelaine du Japon , mais bien des assiettes de faïence, ornées de coqs et de papillons... On en change peu, je vous en préviens... Il y a un gros chien borgne qui aboie et qui commet plus d'un larcin; laissez-le faire, c'est une tradition : c'est l'ami de la maison.

Ain du Luth galant.

Pour en finir, notre hospitalité N'a d'autre prix que sa sincérité ; Le repas, j'en conviens, n'est pas très-délectable, La table boite un peu, le vin est détestable. Et l'on met au dessert les coudes sur la table. Mais on y met aussi son cœur et sa gaité !

Partons ! (ll lui prend le bras, Sopbie s'arrête à la porte.)

SOPHIE

Didier...

" Sophie, Didier.

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