SCÈNE II
MARION,a« fond; SOPHIE ARNOULD, LE CHEVALIER.
SOPHIE, entraot de la gauche suivie du chevalier.
Chevalier, vous êtes un homme charmant, et ce bracelet est d'un goût...
LE CHEVALIER
Oh ! c'est bien peu de chose ; il n'a qu'un mérite, c'est d'être le seul de ce modèle; car Boehmer en a brûlé le dessin sous mes yeux.
SOPHIE
Vrai? alors vos duchesses vont être furieuses, elles qui courent chez ma faiseuse dès que j'ai une robe nouvelle.
LE CHEVALIER
Elles doivent courir souvent.
Assez.
LE CHEVALIER
Du reste, cela fait honneur à leur goût.
SOPHIE
Oui, si elles ne me prenaient que mes bonnes idées; mais elles me pillent quand même, les malheuieuses ! Figurez-vous que, l'autre jour, Aspasie m'envoie une robe odieuse, abominable ; une espèce de fourreau couleur chocolat, dont Marion n'aurait pas voulu. J'étais pressée, j'étais de bonne humeur, et j'endosse résolument cette chinoiserie. Eh bien ! mon cher, le lendemain, il y avait au Cours-la-Reine deux cents fourreaux chocolat qui se pavanaient au soleil. J'en ai tant ri que je n'ai pu chanter de la semaine. (Avec un rire qui va crescendo.) Et rien que d'y penser... voyez-vous d'ici deux cents mannequins... chocolat!... ah ! ces femmes-là me feront mourir, c'est sûr ! (Elle s'awied sar
on canapé placé au deuxième plan vers la gauche, face au public.) LE CHEVALIER.
Le fait est que... (ii nt.)
MARION , renlraot.
Madame veut-elle dîner bientôt ?