‹ Je dîne chez ma mereChapitre 6 sur 69 · SOPHIE, MARION · texte numérisé non relu

SOPHIE, MARION

SOPHIE

UUl . (Elle se laisse aller sur son sofa et dispose les oreillers, sur lesquels élis appuie la tète nonclialamment.) Marion !

MARION

Madame.

SOPHIE

Monsieur Didier a-t-il rapporté le médaillon,., vous savez ?.,.

celui qui était accroché là. (Elle désigne un coin de la cheminée.) MARION.

Ah ! le portrait de la mère de madame, que madame a donné à retoucher?... non, madame, monsieur Didier n''est pas encore venu. Du reste, madame l'aurait vu, car monsieur Didier n'y met pas tant de façons; dès qu'il arrive, crac ! il entre sans crier gare... Ah! ces artistes, c'est d'un laisser-aller...

SOPHIE

Mademoiselle Marion, monsieur Didier est mon ami d'enfance; il faisait des bonshommes sur les murs quand je faisais des roulades dans les rues... C'est maintenant un grand peintre.. . c'est comme mon frère aîné, et je vous serai obligée d^avoir pour lui les plus grands égards ; ne l'oubliez pas.

MARION

Oh ! madame, je suis polie avec tout le monde, même avec les artistes.

SOPHIE, avec un sérieux comique.

Tu as raison, ma fille ; il ne faut mépriser personne. A propos, Marion ? tu as une jolie voix, tu n'es pas trop mal tournée, pourquoi donc n^as-tu pas pris le théâtre ?

MARION

Mon Dieu! madame, j'y ai souvent pensé... mais j'ai eu peur de désobliger mes parents. «

SOPHIE, même jeu.

Ah ! c'est juste... ton père est cocher de fiacre, je crois, et ta mère vend du poisson?

MARION

Oui, madame.

SOPHIE

Je te demande pardon, mon enfant, je l'avais oublié, {k pan.) On n'a pas idée de çal (Haut.) Marion?...

MARION

Madame ?

Page 1