SCÈNE IX
DIDIER
Est-ce que tu oublies quelque chose?
SOPHIE
Non... Didier, vous êtes toujours décidé à m'emmener, bien décidé, n'est-ce pas ?
DIDIER, étonné.
Sans doute !
SOPHIE, lui terrant la main.
Merci, mon ami !... c'est tout ce qu'il me faut, (n* redescendent.)
DIDIER
Comment ?... est-ce que les convives vous font peur ?
Oh! n’en croyez rien! Si j’étais réellement la Sophie que vous vouliez leur présenter, je n’hésiterais pas; mais je suis Sophie Arnould, et ma place n’est pas plus chez votre mère que chez la princesse d'Hennin.
DIDIER
Ah çà ! qu'est-ce qui te prend ?
SOPHIE
Ecoute-moi, Pierre ; un jour, tes parents pourraient me rencontrer dans mon carrosse et apprendre ainsi qui je suis... Ils ne seraient peut-être pas très-flattés de la découverte... Ainsi, adieu et merci ! car tu m’as prouvé que je ne suis pas aussi abandonnée que je le croyais, et cela m’a fait du bien... Adieu, mon ami, mon frère, adieu !
DIDIER
Tu le veux ?
SOPHIE
Il le faut...
DIDIER
Sophie, c’est bien ce que tu fais là... Moi, je n’ai pensé qu’à ton plaisir... Toi, tu as pensé à mon devoir... C’est très-bien... embrasse-moi , ma fille ! (il rembrauo avec effusion.) Allons, bon ! quand je suis entré tu pleurais et je riais... Maintenant, c’est moi qui... Je me sauve, car, quand je pleure, je suis atroce ! Au revoir, Sophie, au revoir, (n »«.)