SCÈNE VIII
SOPHIE
Il faut me prêter une robe, tout simplement.
MARION
Une robe de moi, à vous?
SOPHIE
Une robe de vous, à moi.
MARION
Oh! la plus belle, madame!... la plus...
SOPHIE
Non... la plus simple.
MARION, ouTranl ion carton.
Tout de suite, madame; cellé-ci fait-elle votre affaire?
Tout à fait, n’est-ce pas, Didier?
DIDIER
C’est peut-être un peu riche... mais ça peut aller.
SOPHIE
Défaites-moi, Marion..; Didier?
DIDIER
Sophie?
Vous avez entendu?
SOPHIE
Parfaitement.
DIDIER, aana booger.
SOPHIE
Eh bien, faites-moi le plaisir de prendre un livre...
DIDIER
C’est juste, (prenant nn llTre). Voilà. (il a'attled sur le sofa).
SOPHIE
Et de VOUS retourner.
DIDIER
Voilà !^(ll se retourne sers eUe.)
SOPHIE
Hein?,..
DIDIEB.
C’est juste... voilàl (h im tourne le dos.)
SOPHIE
Et de ne pas regarder dans les glaces.
DIDIER
Oh! ne craignez rien... D’ailleurs, un peintre... ça n’a pas d'importance.
SOPHIE
C’est égal... lisez attentivement. J’aime mieux ça, mon ami.
DIDIER^ caiisaul, pendant (|ue Marlou habille Sophie devant la toilette*
Quelle belle chose que l’amitié, n’est-ce pas Sophie?
SOPHIE
Ah! je crois bien!
DIDIER
En ce moment, par exemple, voici qu’une des plus jolies femmes de Paris... (se rctoumuni à demi). Car lu es une des plus jolies femmes de...
SOPHIE
Eh bien!... eh bien!...
DIDIER, reprenant sa position.
C’est juste; voici, dis je, une femme charmante qui s’habille tranquillement devant un joli garçon, (se tournant à gaucUe von la gUce). Car, entre nous, je suis un assez joli...
SOPHIE
Voulez-vous bien laisser la glace tranquille !...
DIDIER
C’est juste... donc, voici deux êtres, jeunes et beaux, qui sont là côte à cote... l'un plein de confiance et de sécurité, l’autre tranquille comme Baptiste!... Pourquoi ça? parce que l’amour n’est pas en tiei-s dans la conférence. L’amitié... ah! l’amitié !
Air de Couder.
L’amour disait à l’amitié :
h A quoi sers-tu, pauvre insensée?
» Moi seul occupe la pensée » De ce monde dont j’ai pitié. »
L’amitié se prit à lui dire :
, « Lorsque je te vois t’en aller,
» Quand les pleurs suivent ton délire » Je viens... et je mêle un sourire » Aux larmes que tu fais couler 1 »