DIDIER, SOPHIE
SOPHIE
Quand vous voudrez, monsieur?
DIDIER
Es-tu assez gentille?
SOPHIE
J’ai bien l’air d’une grisette, n'est-ce pas ?
DIDIER
Tu me rappelles la rue Saint-Germain l’Auxerrois.
SOPHIE
Nous allons à pied, pas vrai? ça. me changera.
DIDIER
J'aimerais mieux la voiture, ça me changerait.
SOPHIE
Y penses-tu? à la voiture, on reconnaîtrait S<^hle Arnould.
DtDIBB.
Ah! à propos de Sophie Arnould, je savais bien que j'avais encore quelque chHse à te dire.
SOPHIE
Parle.
DIDIER, gratemeot.
Sophie, mon père est un ancien maçon, franc du collier; et ma mère une femme toute ronde et qui ne fait pas de façons; elle est convaincue qu'au physique et au moral je suis le chefd'œuvre de la création... Ne pas la détromper, si vous tenez à sorth' de chez nous avec tous vos yeux... On vous ofihirade la soupe aux choux; c'est pour moi qu'elle est faite, cette soupe; je la déteste et j'en demande deux fois... Ne pas faire la grimace, ça désobligerait les parents... Ils laissent un peu à désirer sous le rapport du langage et des manières; moi, ça m'est égal, je les aime comme ça; mais, il y a des gens qui pourraient en rire... Ne riez pas, Sophie, ça me ferait de la peine. Vous ne verrez pas de porcelaine du Japon , mais bien des assiettes de faïence, oméés de coqs et de papillons... On en change peu, je vous en préviens... 11 y a un gros chien borgne qui aboie et qui commet plus d'un larcin; laissez-le faire, c'est une tradition : c'est l'ami de la maison.
Air du Luth galant.
Pour en finir, notre faosiritalité N’a d’autre prix que sa sincérité ;
Le repas, j’en convieps, n’est pas trës-délectable,
La table boite un peu, le vin est détestable.
Et l’on met au dessert les coudes sur la table.
Mais on y met aussi son ccenr et sa gaité I
Partons ! (ll lot prend le bru, Sophie l’arrSte t le porte.)
SOPHIE
Didier...
* Sophie, Didier.