‹ Je m'accuseChapitre 2 sur 13 · BIBLIOTHEQUE DES LETTRES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

BIBLIOTHEQUE DES LETTRES FRANÇAISES

62, Rue de Seine — Paris

BIBLIOTKECA OttavleniV

IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE î5 EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE NUMEROTES DE I A î5

NP

Tous droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays.

Pré/,

ace

Ci\ \Q 00 1 J' Ctu/itoty îvwlGt 'ce cnelen^ {^JLil t3Chodli(rec>. Urne lit. attetôr^

jo u\. m2m L Q<^ Jou'irt- Jl\Cch e£, <2G Jeu*

4<v\e ce VàzhcMJV *d** élrL^ncMrîzJeif / VwCderx • id (*ût été Ji'Ja. pUgitev****—'

<%&ô BoWUJefc'îe* ffmtvatvuiA^ fa

OL+*t\e> »4JLn(bv>J Aé. cette jyietkâncfr.,

<k Ù^iCl CC <*"*> AUoyic^fôv^ fa ^'^'f^f'

îlli £-6 vo> te •r* ' St**i&}i"****g v* e^ +> J v*si&*tie- e-n 1&0$, &^j<£ jrra.<z*4 y <*^' >U*it été. JrtXi't ^oxli Oy014A£' <*& C&ëfif* ^

f1 éyll** 'fe <*<Uecte*> 6c y ép*vU£Cee~ Ç>u et

pAtustl CKAMyd^e'L &4 ^0 mou. £**"<? tZx^p-ni^^.^ lL-]*~* u*\) £c<jsCt£r Col ' ^oih3J te y VuiJiAÀfeun&)

ftrwiS* 7onc Pcuxa&î <ju* V*** f*ith/w'w'%, 3>2. wufi, f'olu*i*\i vlwtyceitbie £p**êea*g&,

m . «. m mmmmm __ (au*xVÎ6v*iîfy'

d 3i£ Vt'ctir ~H~i l&o , dm t\é S<x. CyCcte $j±-*

'fit

]*2*A \vixàf*\, X K^n^ut, *)ov«nt~ÉL- 6 rondes perd* ^ cette* 4-roJ>uJe>-

&îe*\ ou*Jt^S~Oe4\0eP ici . %- n<2 vvUduzJj g, e.rcLbuJë>-

Déclaration préliminaire

Cloacam maximam, recepta:ulum omnium purgamentorum urbis (idest Zola), ...dicebat Patavinus.

Ce livre aurait du paraître avant la fin de Vannée dernière. Aucun éditeur, jusqu'à ce jour, n'a osé le publier. Ce simple fait dit éloquemment notre misère.

Donc, il y eut une seule voix en Trance pour protester contre V avilissement universel et cette voix n'eut pas le moyen de se faire entendre. Soit, il valait mieux, sans doute, ne gueuler qu'aujourd'hui.

V Affaire est loin, rudement loin, elle est

devenue télescopique. 'Elle a, par conséquent, cessé d'obstruer le peu de raison que la vacherie démocratique nous a laissé.

Quelques furieux de l'été dernier ont vu s'éteindre leur fureur dans te mépris équitable où se noyèrent indistinctement tous les mimes de la farce atroce.

'Les imbéciles eux-mêmes commencent aujourd'hui à entrevoir la magnificence avec laquelle on s'est payé leurs figures, et combien Zola s'est foutu de la Vérité et de la 'justice, dont il osa polluer les vocables de sa main merdeuse.

Le drôle, cependant, toujours caroncule au vent et toutes les plumes de sa queue en l'air, ne paraît pas avoir perdu un atome de son importance.

Y eut-il jamais rien d'aussi inouï, d'aussi inconcevable, d'aussi accablant?

La nation de Chateaubriand, de Lamartine, de Victor Hugo, de Balzac, prosternée devant 'Emile Zola !!! Et personne pour vociférer, pour remplir de cris douloureux la

terre et te ciel, au spectacle de cette effroyable ignominie !. . .

y ai connu un artiste, un vrai, un être exceptionnellement haut et noble, que le seul nom de Zola offensait, révoltait, mettait en fuite, comme aurait pu faire un excrément.

"Eh bien ! depuis V Affaire, il est devenu V admirateur, vous avez bien lu, /ad-mj-rateur de îLola, le serviteur très-respectueux du titulaire de ce nom de vomissement et d'opprobre !

Dégringolé au niveau des bourgeois immondes, il a cru fermement, comme V aurait cru le plus bas chien du dernier ressemeleur de Bruxelles ou du Grand-Montrouge, que le scribe des Rougon-Macquart pouvait avoir eu un éclair de désintéressement ou de générosité...!

A près cela, comment ne pas songer à Vidiotifiant pouvoir attribué à certains démons ?

Pour ce qui est de moi, je déclare qu'on me

fera expirer dans les plus horribles tourments avant d'obtenir que je sacrifie à une aussi fécale idole, ou même que je consente à la regarder, ne fût-ce qu'une fois et de très loin, sans exprimer, de manière ou d'autre, mon dégoût immense.

Dussé-je rester seul, je vilipenderai et je conspuerai, jusqu'à V extinction de mes forces, le répugnant crétin et l'abominable voyou gâteux, adoré pour sa vilenie par les lâches fils de la Théine des nations vaincue.

Si la Trance est maudite, rejelée de Dieu, gisante sous les pieds des peuples, si c'est bien cela qu'il faut entendre, alors quelle crève une bonne fois et que tout fuisse et que la planète, privée de son ame, roule, comme une chose morte, dans l'immensité !...

"N'importe quoi vaudra mieux que ce vaut rement dans les déjections d'un tel salaud!

Léon Bloy

7(olding, Danerr.xrck, Vtndredi Saint, Treize avril, 1900.

Page 1