‹ Je ne mange pas de ce painla comedievaudeville en un acteChapitre 10 sur 26 · TOUS DEUX · texte numérisé non relu

TOUS DEUX

Le sieur de Montpinçon !

YIVARAIS.

Oh! veuillez excuser...

MONTPINÇON.

Comment, des façons avec moi...

VlVARAIS, avec une grande déférence.

Vous devez être mon patron, mon maître...

MONTPINÇON.

Dites plutôt votre valet, (a part.) J’espère que je suis aimable! (Haut.) Et d'abord, cette malle je m’en empare.

VlVARAIS.

Je ne le souffrirai pas. (il tire la malle de son côté, Montpinçon du sien. Us continuent tous deu% à parler en 1a tenant chacun par une extrémité.)

MONTPINÇON.

Je l’exige! Mais, j’y pense... comment se fait-il que je ne vous aie pas rencontré... car à midi je vous attendais au débarcadère de Lyon.

VIVARAtS.

Je vais vous dire : c’est qu’à la même heure j’armais par le chemin de fer d’Orléans.

MONTPINÇON.

C’est bizarre! cependant Tours... Après ça, c’est possihle... C’est que j’ai des actions du chemin de fer de Lyon, et alors je supposais.

VlVARAIS.

Je crois, monsieur Montpinçon, que vous vous moquez de moi.

MONTPINÇON.

Moi, grand ciel !

VlVARAIS.

Si je ne suis pas riche, je suis très-chatouilleux.

MONTPINÇON , faisant l’aimable et l’asticotant.

Oh ! il est chatouilleux !.. il est chatouilleux !..

VlVARAIS, lâchant la malle".

Monsieur Montpinçon !..

MONTPINÇON, qui a reçu la malle sur le pied.

Ah ! bigre!., sur le petit riquiqui ’*! (a pan, le menaçant.) Si je n’étais pas forcé d’être aimable!., gredin! va!

12 JE NK MANGE PAS DE CE PAIN-LA

VIVARAIS, qui a posé la malle à droite.

Monsieur Montpinçon, vous me faites reflet d’un joyeux convive, moi-même je ne dédaigne pas la plaisanterie ; seulement je vous ferai observer que je n’ai pas quitté la Touraine uniquement pour être chatouillé, mais bien pour obtenir un emploi...

MONTPINÇON.

Aussi n’est-ce pas sans un mélange de joie et d’orgueil que je vous place à la tète de tous mes pompons.

VIVARAIS

A la tète?..

MONTPINÇON.

De tous mes pompons ! (ils se saluent. A part.) 11 est flatté! (Haut.) Eb bien?

VIVARAIS

Eh bien!., (a part.) Il ne parle pas des appointements... (Haut.) Vous le savez, je ne suis pas riche...

MONTPINÇON.

Je n’en ignore pas; aussi me fais-je un plaisir de réparer envers vous les torts de la fortune... Je vous donne pour commencer... cinq cents francs par mois.

VIVARAIS, surpris.

Cinq cents francs!..

MONTPINÇON.

il trouve que ce n’est pas assez ?.. Eli bien! mille francs!

VIVARAIS

Mille francs!.. Oh ! oh !... Et que faudra-t-il donc faire pour une pareille somme P

MONTPINÇON, gracieux.

Rien... absolument rien !

VIVARAIS, très digne.

Ça ne peut pas me convenir... je ne reçois pas l’aumône, monsieur Montpinçon, je ne mange pas de ce pain-là.

MONTPINÇON, à part.

Est-il difficile! (Haut.) Mais vous serez blanchi...

* VIVARAIS

Alt! non I

MONTPINÇON.

Logé.

VIVARAIS

Ah ! non !

MONTPINÇON.

Chauffé.

Ah ! non*!

MONTPINÇON.

Ah 1 si!., car tu es bon, toi, et tu ne voudrais pas faire de

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