‹ Je ne mange pas de ce painla comedievaudeville en un acteChapitre 13 sur 26 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Sans craindre qu’on l'apostrophe,

Bravant tous les camoufflets.

Les sifflets et les soufflets Ou toute autre catastrophe,

Plus d’un moderne intrigant.

Riche, l’on sait trop comment !

Supporte tout en disant Qu’il faut être philosophe ! ,

(parié.) Philosophe! grand merci 1

Je ne mange pas de ce pain-lit! etc.

Enfin la chose est reçue.

L’on épouse maintenant De ces dames, qu’en riant.

On montre au doigt dans la rue.

Ces messieurs-là, nous dit-on,

Préfèrent donner leur nom A quelque riche goton Qu’à quelque pauvre ingénue !

Je ne mange pas de ce pain-là! etc.

D’ailleurs, n’ai-je pas au cœur, et depuis longtemps, une affection qui chaque jour ne fait que croître et embellir... Denise! .. Denise!., ne vous reverrai-je donc jamais! (h soupire.) Ah!..

DENISE, entrant, à part*.

Le voilà!... (Elle désigne vivarais.) J’ai bien envie de dire à ce Monsieur que je ne peux pas le souffrir.

VIVARAIS, se levant.

Une femme!., (saluant.) Mademoiselle...

DENISE, lni rendant son salut.

Monsieur!... . ■

VIVARAIS, poussant uu cri.

Ah ! ah !

DENISE

Qu’avez-vous?

VIVARAIS

Je ne me trompe pas... mademoiselle Denise?..

DENISE

Vous me connaissez?

VIVARAIS

Si je vous connais! voilà la deuxième fois que j’ai le plaisir de vous rencontrer...

C’est singulier, mais... je...

VIVARAIS

Mais vous ne me remettez pas... Souvenez-vous... l’été dernier... au Havre...

JE NE MA. N GE I'A? DF. CE PAFX-LA

DENISE, cherchant à se rappeler.

Au Havre !..

VIVARaIS.

De grâce, fouillez votre mémoire... les vaisseaux... les marins... le Havre; vingt-cinq mille habitants, port de mer et bains idem... Dieu! étiez-vous gentille en baigneuse!.. Après ça, le costume est si joli !

DENISE

Attendez donc!,, oui... je me souviens bien de vous à présent. Tou jours empressé auprès de moi... Vous saviez donc que j’étais la fille de M. Montpinçon?

VIVARAIS

Quoi! VOUS Seriez... (il est près de tomber en défaillance.)

DENISE

Qu’avez-vous?

Ainsi, c’est vous qui... c’est vous que?.. Mais non, c’est impossible! un ange de candeur, d’innocence!..

DENISE

Mais enfin, Monsieur...

VIVARAIS, d’un ton tragique.

Mademoiselle! (Denise recule effrayée.) votre père m’oflre votre main avec une dot considérable...

DENISE

Je sais cela, Monsieur, et, vous l’avouerai-je, avant de connaître l’époux que mon père me destinait, j’étais fermement résolue à le repousser.

VIVARAIS

Mais alors, si vous vouliez me repousser, il n’y a pas complot ?

DENISE

Quel complot?

VIVARAIS

Non, non, rien!., j’étais fou, idiot, stupide! Mais je suis suffisamment éclairé, et je n’ai plus qu’à me laisser faire, à vous aimer, à vous adorer... car je vous adore, moi, à en perdre la

respiration... (il lui baise la main qu’elle retire \) Oh! pardon ! oll ! laissez-moi celte main, (a pan.) C’est du velours ! (Haut ) Ce bras.t (il le lui embrasse.) oh! pardon ! (a part.) C’est du marbre ! c’est du nanan ! (11 tombe à genou*.)

DENISE, se défendant.

Monsieur, Monsieur, laissez-moi.

VIVARAIS, lui embrassant les bras.

J’embrasse vos genoux! (n tombe à genou*.)

MONTPINÇON, entrant.

Oh! bien! très-bien! (Faisant la grosse voix.) Qu’est-ce quo tout

Page 1