SCÈNE PREMIÈRE
DENISE, ROSETTE, puis ÉDOUARD. Denise est à la porte du fond et regarde quelqu’un s’éloigner; Rosette regarde par la fenêtre.
DENISE
Eh bien ! Rosette 1
ROSETTE, mettant un doigt sur sa bouche.
Ah ! voilà qu’il s’éloigne... Il ferme la porte du jardin... il est parti!...
DENISE
Vite, délivrons notre prisonnier... (Elle va ouvrir ta porte d’un placard.) Édouard!...
ÉDOUARD, paraissant.
Ouf ! il était temps* **!
DENISE
Mon père n’est sorti que pour peu d’instants, peut-être, apprends-moi donc ce qui t’amène ici, ce qui a pu te faire braver ses ordres?
ÉDOUARD
Le désir de rentrer en grâce auprès de lui... Voici déjà un an que je vis loin de vous tous, qu’il m’a éloigné de sa maison, et le temps a dû calmer son ressentiment.
ROSETTE
N’en croyez rien ! monsieur votre père est un fabricant 'de pompons si vindicatif!... s’il vous trouvait ici, il serait capable de vous donner sa malédiction.
ÉDOUARD, souriant.
11 me l’a déjà donnée... il la donne à tout le monde. (Rosette
remonte pt regarde à la fenêtre.) x
DENISE
Je tremble rien que d’y penser.
JE ME MANGE l'As DE GE PAIN-LA.
ÉDOUARD
Ma bonne petite sœur, que de tourments je te cause !
DENISE
Voilà ce que c’est que d’èlre désobéissant, Monsieur.
ÉDOUARD
Que veux-tu? il s’agissait du bonheur de ma vie!
DENISE
Et c’est pour cela maintenant que vous êtes si malheureux ?
ÉDOUARD
Mais c’est que tu ne peux comprendre...
DENISE
Pourquoi aussi vouloir se marier malgré lui?
ÉDOUARD
Pourquoi... pourquoi... mais, tiens, petite sœur, laisse-moi plutôt t’apprendre...
DENISE, l'interrompant.
Mais, dépèchc-toi donc ! que faut-ii que je dise à mon père pour essayer d’obtenir ton pardon?
EDOUARD
D’abord... (a part.) Je ne sais comment lui confier...
ROSETTE, vivement, redescendant la scene *.
Vite, vite, monsieur Edouard, v’ik monsieur Montpinçon, partez !
Allons, bon, je ne saurai rien.
ÉDOUARD
Rassure-toi, je reviendrai, je t’écrirai s’il le faut !
ROSETTE, le poussant «ers le fond à droite.
Mais sauvez-vous donc!
Par où?
ÉDOUARD, ahuri.
DENISE
Par le petit escalier.
ROSETTE, fermant la porte sur Édouard.
C’est lui!
DENISE
Ah!