SCÈNE VI
VIVARAIS, seul. Posant sa malle et regardant autour de lui.
C’est spendide ici !.. de l’acajou !... (Prenant dans ses doigts les rideau* de la fenêtre.) Du damas !.. de laine !.. petite largeur ! il paraît que le pompon donne beaucoup. Et un jardin encore. (11 se inet à la fenêtre ; on entend les aboiements d’un ebieu.) Allons, bon ! voila mon animal qui m’a aperçu... Vcux-tu te sauver. César! (u se retire de la fenêtre.) 11 ne s’en ira donc pas, il va me compromettre!., (second aboiement du chien.) Sauve-toi donc. César ! Décidément, la reconnaissance des chiens est souvent importune... ce n’est pas comme la reconnaissance des hommes!., elle n’importune jamais Celle-là. (il prend la malle et s'assied sur l’un des bouts, en face du
public.) Figurez-vous qu’en descendant du chemin de fer, la première personne quejerencontreestun malheureux barbet ahuri, épouvanté, qui, se jetant dans mes jambes, semblait me demander protection contre une foule de gamins qui venaient de lui infliger le supplice de la casserole. Une casserole au bout d’une queue !.. est-ce assez spirituel? Je ne réfléchis pas longtemps, je coupe la ficelle et voilà mon barbet délivré de ses fers ! Pour me prouver sa gratitude, il me saute au cou, me rouvre de cà-
JE NE MANGE PAS DE CE PAIN-LA
resses... et de malpropretés ; j’avais beau lui crier : à bas. César I àbaslàbas ! — Ah bah ! je t’en fiche! il m’embrassait toujours ! je ne lui en veux pas, mais j’eusse préféré de moins vives démonstrations. (se levant.) N’importe, -cetle bonne action me portera bonheur, et monsieur Monlpiuçon n’hésitera pas, je l’espère, à me compter au nombre de ses employés... Celte malle est d’un lourd, il n’y a pourtant pas grand’chose dedans...
MONTPINÇON. paraissant*.
C’est lui ! (L’examinant.) Comment? ce serait là... (il va sur vîvarais, qui. à ce moment, a repris sa malle, la lance sur son épaule, et en donne un coup à Montpinçon.)
MONTPINÇON, criant.
Animal! butor!