Publiée par Ciacconius, op. cit., t. III, col
3. Toutes ces pièces ont été éditées par Lamansky, Secrets d'état de Venise, p. 268 et 269.
même; c'est alors (1488) que deux nonces tinrent demander à Charles Vlll son consentement. Une grosse difficulté surgit tout à coup ; l'amiral de Graville était un ennemi de Balue et sans l'amiral, alors tout-puissant en France, le succès était fort douteux. Il fallut donc commencer par opérer cette réconciliation. Un chapeau rouge en fit encore les frais : il fut promis à un parent de Graville, l'archevêque de Bordeaux, André d'Épinay \ Dès lors, plus d'obstacle ; les chevaliers délèguent, au sujet du transfert, tout pouvoir à Balue, le protecteur de l'Ordre à Rome, et Charles VIII accorde au Pape ce qu'il désire depuis si longtemps (5 octobre 1488) ^ Le roi donne ordre à Guy deBlanchefort, prieur d'Auvergne, et à Antoine Gimel, de conduire le prince « es terres de « l'Église », à condition toutefois que sa personne sera respectée \
Le Saint-Siège s'empressa d'exécuter ses promesses et, le 9 mars 1489, avait lieu, en consistoire secret, la nomination de cinq cardinaux, parmi lesquels André d'Épinay et Pierre d'Aubusson.
Les ambassadeurs de France accompagnés de Djem arrivèrent près de la ville le 13 mars 1489. Innocent VIII voulait recevoir le prince avec honneur. Sur ses ordres, le cardinal d'Angers, Nicolas et François Cibo, suivis de cent cavaliers, allèrent à sa rencontre à douze milles de la ville. Le cortège se grossit bientôt ; des archevêques, évêques, protonotaires du Saint-Siège, abbés, toute la maison du Pape et des cardinaux, les ambassadeurs de Venise, de Florence, de Sienne et ceux du roi de Sicile s'avancèrent, tour à tour, au devant de Djem \ Après que le grand maître des cérémonies les eut placés suivant leur rang et les préséances, on se dirigea sur