Olhummanidem ferocilatem pre se ferens, Burchard, I
4. Ces faits ont été sommairement racontés par le P. Bouhours, 360-362 ; par Hammer, Histoire de l'empire ottoman, Hvre XIX ; par Bougy (6^^^ prrtendant Turc au xy siècle, dans la Bévue Contemp.^ p. 762, juin 1862) et par Godefroy, Histoire de Charles VIII, p. 691.
5. 11 fut présenté à Innocent VIll par Gui de Rochefort et Falco de Sinibaldis.
6. Il y périt en 1495. M. l'abbé Arbellot, dans le mémoire précité, prouve qu'on a eu tort d'imputer sa mort à Alexandre VI. Voici d'ailleurs les renseignements que l'auteur a bien voulu me communiquer : « La plupart des historiens, Mezerai, Vertot, etc.. accusent Alexandre « VI d'avoir fait empoisonner Zizim avant de le livrer à Charles VIII. « J'ai dit que la mémoire de ce Pape est assez chargée, sans qu'on « lui impute des méfaits dont il n'est pas coupable ; et j'ai cité des « extraits d'une lettre du pape Alexandre VI, adressée à Léonel, son « légat en Allemagne, dans laquelle il reproche au roi Charles VIII « d'être entré violemment dans la ville de Rome, de s'être emparé du « château Saint-Ange et de la personne de Zizim qui est mort à sa suite « et entre ses mains (periitque in manibus suis praedictus sultanus, « ex cujus obitu perdidit Christiana Religioopportunum contra Turco- « rum in Christianos effrenatem rabiein remedium), datée de 1495, « 7 calend. novemb., cité dans Rainaldi, op. cit., t. XXX, p. 249. »
7. Nous n'avons pu trouver aucune preuve de ce fait; et ne faisons ici que suivre l'opinion de Riccy, Memorie storiche délia cita di Albano, p. 23; cf. Thuasne, Djem-Sultan, p. 227-243.
en ne perdant de vue aucun des intérêts de la péninsule, il se remit, avec plus d'ardeur que jamais, à organiser la croisade. A cette fin, il s'adresse non seulement à Maximilien, à Charles VIII, à Matthias, roi de Hongrie, mais aussi à tous les petits (( princes et potentaz ». Sur les instigations de Balue, il les engage à envoyer à Rome leurs ambassadeurs « pour (c adviser et conclure la manière de faire l'armée*. »
On commença en effet à négocier, et Mathias Corvin, qui devait prendre la tête de la croisade, demanda au Saint-Siège de lui remettre Djem. Un puissant personnage de la cour pontificale s'efforçait, disait-on, d'obtenir ce résultat. C'était Balue, qui conseillait à son roi de résister d'abord, puis de donner son consentement; le cardinal croyait, par ce moyen, décider quelque prince hésitant encore à faire partie de l'expédition ^
Déjà le roi de France avait promis son concours, déjà le roi de Hongrie et le roi des Romains avaient conféré ensemble, toutes les puissances s'étaient mises d'accord avec le Souverain Pontife, quand tout à coup le projet de croisade, en apparence près d'aboutir, se trouva ruiné par la mort de Mathias Corvin (6 avril 1490)^
Il ne fut plus, dès lors, question d'un nouveau transfert de Djem. Et d'ailleurs, Charles VIII s'y opposa énergiquement ; il en écrivit au Pape, demandant môme à Laurent de Médicis d'intervenir personnellement à ce sujet auprès d'Innocent. Le duc de Florence montra beaucoup d'empressement ; son ambassadeur Pandulfîni fit preuve du plus grand zèle et du plus entier dévouement à nos intérêts. Le 13 octobre, il allait trouver Balue et Faucon : il leur annonçait qu'il avait agi, au nom de son maître, afin de dissuader le Saint-Père de céder le jeune prince à qui que ce fût*. Il réussit sans peine; d'autres soins sollicitaient alors l'attention du Saint-Siège.
1. Balue à Etienne de Vesc, lettre du 17 octobre 1489, déjà citée.
2. Balue à Etienne de Vesc, lettre du 21 octobre 1489 : « Je seroy d'avis que le Roy en escrivant reteigne tousjours a soy entendre en quelle manière les choses se pourroient traicter et conduyre pour le bien de la foy, et après qu'il y donnera son consentement, car ceci servira moult a mètre l'autre personnage en ceste entreprise... » (Arch. Nat., K, 73, no2.)