‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 183 sur 187 · XXVI. — 1488, 25 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

XXVI. — 1488, 25 SEPTEMBRE

j'ay receu vos lectres par Guillaume Girauldet, chevaucheur de vostre escuerye, par lesquelles m'escripvez que vous avez entendu que moy estant a Milan en venant a Rome en la compaignie de Mons. le conte de Montpencier je fis certain appoinctement entre madame Bonne, duchesse douairière de Millan, et le seigneur Ludovicq de Millan et que je vous envoyasse l'instrument qui sur ce en fut passé.

Sire, il est vray que en venant de France à Romme, mondit s*" le comte de Montpencyer et moy passâmes par Milan et parlasmes avecques le dit s'' Ludovicq de traictier Tappoinctement du différent qui estoit entre ma dicte dame la duchesse et luy a l'occasion de son douaire et pension, et fismes tellement que ledit seigneur Ludovic vint à la chambre de ma dicte dame ou de longtemps n'avoit esté ne parlé a elle; et la après plusieurs remonstrances fismes conclusion du dit appoinctement, lequel ledit seigneur Ludovic promist et jura en mes mains comme légat tenir et observer de point en point. Et depuis, sire, jusques a la venue de voz lectres n'en avoie oy parler et pour ce n'y pensoy plus ; toutesfoiz quant j'ay veu voz lectres j'ay mis peine de reduyre a mémoire la matière et ay trouvé que, quant ledit appoinctement fut fait et promis en mes mains comme dit est, que le dit seigneur Ludovicq délibéra faire escripre le duc de Millan a feu monseigneur le duc de Bourbon, cui Dieu pardoin, affin qu'il vous advisast du dict appoinctement ; et a doncques j e fis prendre le double des lectres collacionné de mot a mot a l'original par la main d'ung mien secrétaire, lequel double je vous envoyé signé et auctentiqué affin qu'il vous plaise le faire monstrer audit s** de Montpencier, a Jehan da Rangier et a Jehan Corbeau, maistre d'ostel de feu monseigneur le duc de Savoye, que Dieu absolle, qui estoient presens. Sire, il ne s'en peult faire aultre instrument pour ce qu'il ny eut aucun notaire requis, mais mes lettres patentes seront aussi efficaces que nul autre instrument, lesquelles je vous eusse présentement envoyées, mais il est bien expédient que les tesmoings réduisent aussi a mémoire la ditte matière selon mes dittes lectres que je vous envoyé cy encloses. Sur ce et toutes autres choses plaise vous. Sire, me commander voz bons plaisirs, et je les accompliray de mon povoir, priant Dieu qu'il vous doint, sire, accomplissement

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