CHAPITRE PREMIER
grâce insinuante et la souplesse de caractère qu'il fallait pour plaire au roi ; aussi celui-ci voulut-il bientôt, suivant sa politique invariable, se l'attacher par des bienfaits. Il lui délivra des lettres patentes datées de Poissy (15 septembre 1463), par lesquelles il était enjoint au chapitre de le faire jouir de la prébende de Sainte-Marguerite. Les chanoines se soumirent et mirent Balue en possession le 7 novembre'.
Introduit dès lors à la cour, il y fit une rapide fortune aussi bien au point de vue ecclésiastique que politique. Le 10 février 1464, le Pape lui concédait, en Téglise d'Angers, à la requête du roi, un nouveau canonicat vacant par la mort de Jean de la Jumelière ".
C'est probablement à cette occasion que Louis, tout en priant le Souverain Pontife de conférer ce bénéfice à Balue, avertissait le pape que son favori en avait déjà pris possession, et que lui, le roi, le défendrait envers et contre tous'^
Cette même année (1464), le protégé de Charles de Melun devint aumônier du roi'' et voulut se faire pourvoir de la trésorerie de l'église d'Angers. Il avait cette fois un sérieux concurrent, l'évêque d'Angers lui-môme.
C'est l'origine de leur inimitié.
Une bulle de Pie II autorisait Jean de Beauvau à s'investir des bénéfices qui viendraient à vaquer en son église. Thibaut de Vitry étant mort, l'évêque se crut autorisé à mettre la main sur la trésorerie. De son côté, Balue, qui comptait l'ob-