‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 37 sur 187 · Pastor, Geschichte der Paepste, t. II, p · texte numérisé non relu

Pastor, Geschichte der Paepste, t. II, p

4. Bibl. Nat., Collect. Dupuy, vol. 762, fol. 291: « Et primo ego, « dum in civitate Cenomannensi essem, prope festum Nativitatis « Domini proxime decursum, receptis cum ea, qua decuit, reverentia « sanctis veris buUis de predicta décima imponenda. »

5. « Joannes, etc.. cardinalis Andegavensis, etc.. ad imponendum « et recolligendum decimam, nuper, in regno isto et Delphinatu Vien- « nensi, in subventionem fidei orthodoxe adversus Turcos inditam, « una cum reverendissimo in Christo pâtre, domino Stéphane, eadem

« gratia Mediolanensi archiepiscopo commissarius factus et desti-

« natus » {Ordonnances ^t. XVII, p. 79, note 1). Et (Bibl. Nat. , Coll. Dupuy., vol. 762, fol. 291) : « Sequitur declaratio taxe décime imposite per me, « cardinalem Andegavensem, commissarium et collectorem gene- « ralem... »

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collecteurs aidés eux-mêmes, en cas de besoin, par des souscollecteurs \

Il ne fut pas facile de recueillir cet impôt. Beaucoup refusaient le paiement, sous couleur de privilèges apostoliques ou royaux ; les percepteurs employaient alors le seul moyen de contrainte qui fût à leur disposition, l'excommunication. Ils en usèrent ainsi à l'égard des jnembres du Parlement, mais le collecteur général, Balue, placé entre le Roi et le Pape, crut plus prudent de céder à son souverain temporel, et, par ses lettres du 11 avril 1468, il ordonnait la suppression de toutes les poursuites faites contre les présidents, conseillers et autres officiers de cette cour, et levait les excommunications prononcées ^ L'exemple du Parlement fut suivi par beaucoup de corps constitués ; le conseil du roi, ses chapelains, les protonotaires de Foix et d'Armagnac, l'archevêque de Lyon^ lui-même et les cardinaux français, prétendirent avoir des dispenses et renvoyèrent les collecteurs. D'autres fois, et le cas était fréquent, c'était un ecclésiastique qui possédait des bénéfices dans plusieurs provinces, et, sous le prétexte d'avoir payé dans un diocèse, refusait la dîme dans un autre*. Enfin, il y avait les véritables dispensés, ceux auxquels le Saint Père avait délivré des bulles d'exemption, comme les frères de l'ordre de Saint- Jean-de-Jérusalera^

Ces complications de toutes sortes durèrent quinze mois, et tout encore n'était pas achevé, quand le cardinal enjoignit

1. « Illico dedi operam ut décima ipsa imponeretur, prefecique in « qualibet provincia commissarios et collectores générales, qui eam « diligenter studerent imponere, et in qualibet diocesi subcollectores « instituere, qui ipsius décime pecuniam recipere curarent. » (Bibl. Nat., Coll. Dupuy, vol. 762, fol. 291.)

2. Ces lettres ont été publiées dans les Ordonnances, t. XVII, p. 79,

3. Charles de Bourbon, archevêque de Lyon de 1446 à 1488. Voir plus haut, p. 20, note 2.

4. Robert de Pompadour, frère de l'évêque d'Angoulême, collecteur de la province de Bordeaux, recommande instamment au cardinal d'Angers, de ne pas accorder de quittance à l'évêque de Maillezais et à l'abbé de Saint-Michel « qui ont composé avec les collecteurs du V Poitou, car ils ont des bénéfices au diocèse de Xaintes, qui se « montent, par taxe de décime, plus de troys cens livres ». — C'étaient, de tous côtés, des tentatives de fraude pour se soustraire au paiement (Bibl. Nat., Nouv. Acq. fr. 1001, fol. 75. — Lettre originale, papier).

5. Bibl. Nat., ColL Dupuy, vol. 762, fol. 297 v^ et 298 r^ et v«.

aux collecteurs de terminer leur levée avant le mois d'avril

Les percepteurs, autant que Balue au moins, désiraient arriver à la fin de leurs opérations. « Je sais, — lui écrivait « l'un d'eux, maître Guillaume de Cambrai, — ce que au (( partir vous déistes et enchargeastes de achever tout des (( Pasques, et par ma foy ! me tarde assez que ce n'est fait, « mais vous seriez esbay si vous voiez et oyez ce que je (( voy et oy, et semble que ung chacun attende messagier « pour nous riens paier de dixmes ». Souvent il ne pouvait (( eschapper sans brouilles » ; et cédait parfois, car « il faulx (( contenter les gens de quelque chose ». Ce malheureux, — et il n'était certainement pas le seu^, — avait bien d'autres ennuis; il ne pouvait même pas trouver de sous-collecteurs, tellement les prétentions de ceux-ci étaient exorbitantes : « encore demandent-ilz plus de deux cens escus... et Dieu « scet quelle peine pour ce faire... sur mon ame, les choses (( sont autres que je ne les entendoie avant mon partement^ ».

En dépit de ces lenteurs, de ces atermoiements, de ces luttes de toutes sortes, et, quoiqu'il y eût encore des sommes importantes à percevoir, Balue put, au mois de mars 1469, préparer le mémoire qu'il destinait au Souverain Pontife. Il y indique les noms des collecteurs généraux et la somme de l'argent fourni par chaque diocèse; il entre dans les plus grands détails et marque avec soin la contribution de chacun. Le total des recettes s'élevait alors à 108,636 livres tour-

1. II s'élevait aussi parfois des difficultés d'un autre genre, des conflits de juridiction. L'église Saint-Mathurin de Larchant, ecclesia sancli Mathiirini de Liricantu, par exemple, relevait au spirituel de l'archevêché de Sens, mais depuis longtemps « elle était unie et pour ainsi dire annexée » à N.-D. de Paris {corporî ecclesie Parisiensis jamdudum imita et annexa); aussi devait-elle être imposée par le doyen et le chapitre, et non par l'archevêque. Le cardinal d'Angers dut faire rédiger, le 3 janvier 1469 (n. st.), un acte qui confirmait cet état de choses. Nous connaissons ce document grâce à l'obligeante communication que nous en a faite M. Lelong, notre collègue aux Archives Nationales (Arch. Nat. S. 305 ^, dossier 3, orig. parch.).

2. Lettre de Guillaume de Cambray au cardinal d'Angers ; Lyon, 1469, mars 5 (Bibl. Nat. Nouv. Acq. fr. 1001, fol. 74, orig., pap.). Ce Guillaume de Cambray eut, sans doute peu après, terminé sa levée* puisqu'il rejoignit Balue entre Etampes et Orléans vers le 17 mars 1469 {Interrogatoire de Jean Luret, pièces justifie, n° xii).

nois, soit un peu plus de sept cent mille francs de notre monnaie ^

Moins d'un mois après, le cardinal d'Angers était arrêté et emprisonné. Dans ses archives on trouva le mémoire inachevé que nous venons de mentionner. Louis XI fut ainsi amené à s'occuper de cette affaire, et constata bien des irrégularités, bien des abus dans l'assise des taxes^ Il reconnut aussi une grave infraction à ses ordonnances ; il n'avait permis de lever la dîme qu'à la condition expresse « qu'il n'en seroit aucune chose tirée hors de ce royaume sans (( le sceu et consentement du roy. Et neantmoins le cardinal « d'Angers, sans en parler au roy ne lui en faire rien sça- « voir, en a faict tirer a une foiz bien xxx mille ducats pour

1. Ce document (Bibl. Nat., Coll. Diipmj, vol. 762, fol. 291à299)nous semble assez intéressant pour que nous y insistions un peu. Le cardinal d'Angers y donnait le détail complet dé la recette, non seulement par provinces, mais par diocèses, avec le nom des collecteurs généraux qu'il y avait nommés. Sans entrer dans un aussi grand détail, qui serait cependant fort curieux, nous en donnons le résumé suivant :

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