A Meaux, le 27 juin 1468 (Legeay, I
6. Nous devons dire quelques mots sur cet événement, car le nom du cardinal d'Angers y fut mêlé. Quand au retour de Rome en 1462, Balue était venu à Paris, il avait trouvé bon accueil auprès de Charles de Melun ; c'était même ce dernier qui l'avait présenté au roi, et fait ainsi sa fortune (iMaupoint, p. 112 ; Jacques de Pavie, fol. 305 r°).
Leurs bons rapports, qui duraient encore au moment de la bataille de Montlhéry (Bibl. Nat.. fs. fr. 2961, non paginé), cessèrent d'exister
quelques partisans parla clémence ; il gracie Poncet de la Rivière, qui, du reste, sejoint aussitôt aux ligueurs. Le monarque a néanmoins quelques alliés : les maisons de Bourbon et d'Anjou sont alors attachées à la cause royale ; Amédée de Savoie vient protester de sa fidélité, et de l'indignation que lui cause la trahison de ses frères ; le jeune duc de Milan, Galéas, en renouvelant ses traités avec la France et ses promesses de service, épouse Bonne de Savoie, à Amboise^ — Et c'est notre cardinal, Balue, qui bénit ce mariage, en présence du roi et de la reine. Louis savait tous les agissements de ses ennemis ; il n'ignorait pas qu'une intervention anglaise était à craindre ; aussi, en même temps qu'il se fortifiait à l'intérieur, il commençait l'œuvre de désunion et de désagrégation de la ligue, en la
un peu plus tard, sans que nous puissions en connaître exactement le motif. Charles de Melun « interrogué la cause pour laquelle le dit « monseigneur le cardinal lehayt, attendu qu'ils ont été sy bons amis » déclara « qu'il y avoit une jeune femme à Paris, laquelle monsei- « gneur aymoit bien et la voyoit; et, pour ce que luy qui parle luy « remonstra en plusieurs foys que laditte femme ne l'aymoit point et « qu'il s'en desmst, mesmement que luy qui parle luy monstra un « petit rubis en façon de cueur en oval, que luy avoit donné laditte « jeune femme, avec plusieurs lettres missivesqu'elle luy avoit rescrites, « et qu'il luy monstra le dangier la ou il se mettoit qu'elle ne l'aimoit « point, a ceste cause, monseigneur le cardinal conceut des lors hayne « contre celuy qui parle ; monstrant ledit anneau et lettres s'apperceut « qu'il devint blanc comme un drapeau, et luy sembla depuis que « oncques ne l'ayma. » La vraie raison d'après les juges aurait été que Melun « fit battre monseigneur le cardinal » ; mais, l'ancien grand maître répondit que « s'il eut hay le dit cardinal, il ne l'eust pas fait « battre, mais il l'eust bien fait tuer, s'il eust voulu. » (Bibl. Nat., Procès de Charles de Melun, fs. fr. 2961, non paginé).
Nous avons vu, plus haut, la conduite équivoque de Charles, le 14 juillet 1465 ; peu après, le roi l'avait destitué. Son grand rival, l'instrument de sa chute, fut le comte de Dammartin ; le cardinal d'Angers (Jacques de Pavie, fol. 305 v°) et la reine elle-même ne restèrent pas étrangers à cette disgrâce. Balue agit en cette occasion, comme il avait fait, l'année précédente, à l'égard de Beauvau, mais quelle part prit-il à la chute de Melun, nous ne saurions le dire.
Toutefois, ici, comme au sujet de Jean de Beauvau, l'exagération de Jacques de Pavie est évidente. Nous savons simplement que notre cardinal fut commis, avec Dammartin, par lettres patentes, données à Compiègne, le 25 juillet 1468, à fixer les émoluments des juges du seigneur de Normanville et qu'U reçut, avec un nommé Jacques Lemoine, la garde de ses archives (Bibl. Nat., fs. fr. 2961, non paginé).
Charles de Melun fut décapité au Petit-Andelys, le 22 août 1468. (Cf. Positions des thèses soutenues à l'École des Chartes en 1892, Essai sur Charles /«"" de Melun, par G. Anchier).