Chron. Scand., t. I, p
Nous serions incomplets si, en exposant le rôle politique de Balue, nous n'indiquions pas les principaux actes qu'il a souscrits :
Poitiers, 1465, fév. 26, Lettres de Louis XI, concernant la justice et l'autorité de la Chambre des Comptes {Ordonnances, XVI, 297). — Paris, 1465, sept. 14, Lettres de Louis XI, par lesquelles il donne, sa vie durant, à la Sainte-Chapelle de Paris, les régales sur toutes les églises du royaume {Ord., XVI, 347) (Règlement souvent violé par le roi, entr'autres en faveur de Balue, à qui il ordonna de payer les revenus échus pendant les vacances des évêchés d'Évreux et d'Angers). — Caen, 1465, déc. 23, Traité de Caen entre Louis XI et François II, duc de Bretagne (jOrd., XVI, 448). — Caen, 1465, déc. Lettres de Louis XI, par lesquelles il reconnaît les droits du duc de Bretagne relativement à la régale et à la garde des églises (^Ord,, XVI, 450).
nant, on pouvait laisser partir les Bourguignons pour la Bretagne ! Ils quittèrent Paris le 24 mars \
L'évèque de Verdun, Guillaume de Harancourt, n'attendait qu'une occasion pour se venger de la défaveur royale dans laquelle il était bientôt tombée ainsi que nous l'avons dit. Elle ne tarda guère à se présenter. Le sire de Charnj rapporta à l'évèque la conversation qu'il avait eue avec Louis XI. Sur le champ, Harancourt voulut entraver le dessein du monarque et envoya à Charles de Berri un de ses serviteurs, Guillaume de Lastic. Celui-ci était chargé de faire tous ses efforts pour détourner le jeune prince d'accepter l'apanage de Guyenne : s'il y consentait, lui dit l'envoyé, le roi s'allierait avec le Téméraire et le dépouillerait bientôt de son partage. Refusaitil, au contraire, et recevait-il la Champagne, le duc de Bourgogne qui est « plus mal content du roy qu'il ne le fut « oncques )>, et les seigneurs, prêts à se révolter en plus grand nombre que jamais, tous le soutiendraient à coup sûr. En conséquence, au lieu d'avoir à craindre Louis, Charles serait pour lui un sujet de terreur ^
C'était simplement l'ébauche d'un nouveau Bieii Public, mais l'évèque de Verdun ne pouvait seul arriver à réaliser ce projet. Il lui fallait un puissant auxiliaire, et il eut raison d'espérer le rencontrer dans Balue. Dès lors, en effet, nous allons voir souvent les deux prélats conférer ensemble ;
— Étampes, 1466, sept. 24, Érection de l'Université de Bourges (Ord., XVI, 513). — Pont-de-l'Arche, 1467, mai 27, Lettres patentes de Louis XI, relatives à la possession des bénéfices ecclésiastiques d'Evreux (^Ord., XVI, 571). — Chartres, 1467, juin 24, La longue série d'ordonnances relatives à tous les métiers de la ville de Paris {Ord., XVI, 581-684). — Compiègne, 1468, sept. 18, Ratification du traité d'Ancenis [Ord., XVII, 113).
Depuis l'entrevue de Péronne, nous n'avons trouvé qu'un seul acte souscrit par le cardinal d'Angers, et c'est la ratification du traité de Péronne, Paris, 1469, mars 24 {Ord.^ XVII, 197). Ajoutons enfin que « sur l'acte de mariage d'Anne de France, avec Nicolas, marquis « du Pont, c'est encore la signature de maître Balue que Ton voit à « côté de celle du duc de Bourbon » (Legeay, t. I, p. 509).