M. REYMOND
Cliâl eau cl Collège.
Extrait du Manuel historique, topographique et statistique de Lausanne et du Canton de Vand,
par Fr. Recordon (1824).
l’aube de la Révolution française par conséquent. On profita de la circonstance pour repeindre dans la salle des écussons 1 les armoiries de tous les seigneurs baillis.
Un si bel ouvrage devait avoir son pendant à l’extérieur du château. Le bailli d’Erlach obtint, cette fois-ci de la ville de Lausanne, une autre concession, la construction d’une route carrossable menant de la ville à la Cité. Il ne disposait en effet jusque-là que d’un chemin étroit, souvent obstrué par les éboulements du coteau montant du Boverat (sous l’ancien couvent des Dominicains de la Madeleine) à la ruelle des Juifs et à la Barre. C’est en 1790 que la ville construisit « pour la voiture de Monsieur le bailli » la belle route qui pendant plus d’un siècle a conservé le nom de Chemin-Neuf 2. Leurs Excellences accordèrent pour ce travail un subside de cent louis, c’est-à-dire de 4000 florins.
Ce fut le dernier gros travail effectué au château sous le régime bernois. En 1796, les comptes mentionnent encore, pour la dernière fois, des réparations. Le 23 janvier 1798, le bailli Louis de Büren était fait prisonnier, pour quelques heures, dans sa propre demeure. Le lendemain la République lémanique était proclamée, et le nouveau gouvernement s’installait bientôt à la « Maison nationale. »
Le château Saint-Maire entrait dans une nouvelle phase de son existence.
1 Transformée depuis peu en salle d’audience, l’ancienne ayant reçu un autre usage.
2 C’est aujourd’hui l’avenue de l’Université.
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La Maison cantonale.
Le bailli de Lausanne ayant quitté les lieux le 23 janvier 1798, l’Assemblée nationale provisoire décida le 26 janvier de transporter ses séances au château, et le citoyen Philippe Secretan se chargea des installations nécessaires. Deux jours après, les nouvelles autorités vaudoises siégeaient déjà au .« Palais national ». Mais cette expression sonnait mal aux oreilles des patriotes. Le 14 février, l’Assemblée, considérant « qu’il est convenable d’éviter tout titre fastueux et rememoratif de l’ancienne Tiranie», abolit dans la date des ordres futurs, le mot de Palais national et adopta celui de Maison nationale. Maison nationale le château Saint-Maire demeura donc, jusqu’en 1803 où il devint dans le langage administratif et pour un demi-siècle la Maison cantonale.
Le 16 février, l’Assemblée provisoire décida d’arborer sur le château le drapeau vert portant à l’avers les mots République helvétique et au revers ceux de Liberté , Egalité. Les girouettes furent descendues, les armoiries de Berne effacées et passées à la couleur. Puis, le régime unitaire ayant été proclamé en Suisse, le préfet national s’installa avec la Chambre administrative et les divers services, tandis .que le secrétaire de cette Chambre recevait son logement dans la résidence même des baillis avec la jouissance du grand jardin. Ces installations avaient été faites rapidement ; on accommoda tant bien que mal des pièces qui n’avaient nullement été disposées pour
servir de bureaux ; mais les autorités avaient trop de questions importantes à liquider, pour se préoccuper beaucoup du détail des arrangements. Aussi ne trouvons-nous, dans les premières années du nouveau régime, aucune transformation saillante. Notons seulement, pour la bizarrerie du fait, que le 10 juin 1802, la Chambre administrative mit à la disposition du préfet H. Monod, sur sa demande, la « Chambre de l’évêque » pour y fabriquer des cartouches à balles, ce local étant « très propre à cet usage!» Heureusement, cette décision saugrenue paraît être restée lettre morte, car au mois de novembre de la même année, la « Chambre de l’évêque » reçoit les archives de la secrétairerie et celles du bureau de liquidation.
Il est assez curieux de constater qu’en 1803, tandis qu’il répartissait les différents services administratifs au rez-de-chaussée et au premier étage du vieil édifice, le gouvernement vaudois restait lui-même à la porte. Il tint en effet ses séances tout d’abord à la Maison de ville, du 14 au 24 avril, puis dans l’ancien pavillon d’été ou bâtiment du pont, dès le 26 avril 1803. Ce local lui parut d’ailleurs bientôt insuffisant, car en 1808 déjà, l’architecte Perregaux dressait un plan d’agrandissements du côté du péristyle ; mais ce projet ne fut pas exécuté. Le Petit Conseil préféra émigrer en 1811 dans la pièce située à l’angle nord-ouest du rez-de-chaussée du château, et qui avait servi pour le Tribunal du canton sous le régime helvétique1. Les locaux qu’il abandonna
1 A ce moment (25 janvier 1811), la caisse d’Etat et la caisse des sels furent placées dans la « chambre voûtée » de l’étage supérieur, et l’on fît à cette occasion murer dessous et dessus l’escalier tournant, l’ancienne viorbe,
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furent occupés par le département militaire, tandis que le département de justice et police était installé dans l’annexe des Montfalcon et dans l’annexe bernoise, l’ancien cabinet du secrétaire baillival, qui lui fait face. La chancellerie, les établissements du timbre, la commission des forêts et le commissaire général se répartissaient les autres pièces du rez-de-cbaussée, les bureaux des finances et les archives étant au premier étage avec l’appartement du chancelier, divers dépôts au second.
Le Conseil d’Etat n’eut pas à se féliciter de ce transfert. Voici ce que dit le procès-verbal de la séance du 27 avril 1821, présidée par le landammann Pidou :
« Un membre expose que, depuis longtemps, plusieurs membres du Conseil d’Etat ont reconnu et éprouvé les inconvénients que présente la salle où le Conseil tient actuellement ses séances ; laquelle, par son extrême fraîcheur, est très propre à causer, surtout en été, des maladies et des incommodités sans cesse renaissantes. En rappelant que, même dans les plus fortes chaleurs de l’été, on est obligé d’y faire du feu , et que, malgré cette précaution, il semble encore qu’on entre dans une cave, ce membre fait la motion que le Département militaire soit chargé de faire, le plus tôt possible, un rapport sur les moyens de sortir (même provisoirement pour cet été) le Conseil d’Etat de ce local malsain.
» Le Conseil d’Etat adopte cette motion et charge en conséquence le Département militaire de faire un prompt rapport à ce sujet.»
Le service des bâtiments relevait à cette époque du département militaire. L’inspecteur des bâtiments, l’ingénieur A. Pichard, soumit le 14 juin un rapport concluant au retour du Conseil d’Etat au bâtiment du pont
qui passait derrière cette chambre. La Chambre de l’évêque reçut les archives des finances, précédemment dans la chambre voûtée, et le magasin du timbre.
qu’occupait le département militaire, en l’agrandissant par différentes transformations. Mais le devis, montant à 9500 francs, fit reculer le Conseil d’Etat. Celui-ci se rallia, le 11 août, à une solution plus simple qui ne lui coûtait que 2000 francs. Il échangea ses locaux contre ceux à l’est où se trouvaient la commission des forêts et le commissariat général, quoique M. Pichard les eût déclarés tristes et manquant de jour.
Le Conseil d’Etat reconnut bien vite la justesse de cette observation, et d’autres défectuosités encore ayant été remarquées, il adopta une solution nouvelle : il monta à l’étage supérieur. Le 20 décembre 1827, il adopta un plan de l’architecte Perregaux suivant lequel la salle des séances du gouvernement était transférée au premier étage, dans le bureau de la comptabilité, situé au midi, près de la Chambre de l’évêque. Cette dernière, avec le bureau des finances, était transformée en salle d’archives, le mur en tuf qui les séparait étant percé d’une porte. On disposait en outre à l’étage une salle d’audience à côté de celle du Conseil, des nouveaux bureaux des finances et de la comptabilité, et une chambre pour les huissiers qui, jusqu’à ce moment, étaient logés dans la petite annexe en face du grand escalier et où le monnayeur fut installé ensuite. La salle des séances fut achevée en novembre 1828, et l’ensemble du remaniement coûta 5355 francs. Notons qu’au cours des travaux on ne toucha que très peu à la « Chambre de l’évêque », mais qu’on transforma et agrandit plusieurs des fenêtres des autres pièces. On transporta dans la nouvelle salle des séances un tableau de Ducros qui avait été placé en 1822 dans l’ancienne.
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En même temps, le Conseil d’Etat faisait exécuter un autre travail important. Par décret du Grand Conseil du 20 mai 1828, il fut autorisé à transformer les locaux du second étage, les combles où était naguère l’arsenal du château, en bureaux pour le timbre et d’autres services. Ces travaux furent exécutés la même année. Précédemment, en 1826, le gouvernement avait fait transformer encore en local d’archives l’ancienne prison « de la Ponte» ou du pont, situé à l’entrée du château, sous l’un des bureaux de justice et police, d’où l’on disposa une rampe d’escaliers de bois pour y parvenir. Les quatre cellules de la prison avaient été définitivement désaffectées en 1811 déjà, à la suite d’un incident: un soldat qui y était tombé malade à cause de l’insalubrité du local.
Dans un rapport, le 25 octobre 1832, l’architecte Perregaux écrivait :
« Depuis 1803, le manque de place s’est constamment fait sentir dans la Maison cantonale et ses dépendances. Malgré les nombreuses constructions qui ont eu lieu successivement, on est toujours gêné. Après la construction de la salle du Grand Conseil on croyait avoir tout le nécessaire ; mais on a dû établir tous les bureaux dans l’entresol au-dessous ; la conciergerie dans laquelle il a fallu placer un bureau ; les archives dans un entresol sous le bureau du département de justice et de police ; le grand étage dans les combles du château ; la nouvelle salle pour magasin encore au-dessus. On a disposé de la chambre dite de YEvêque qu’on avait d’abord cru de pouvoir laisser comme un espèce de monument, etc. Actuellement on n’a pas de pièces pour les assemblées des commissions du Grand Conseil qui sont quelquefois multipliées.»
Nous n’avons pas à faire ici l’historique des locaux de l’administration cantonale. Bornons-nous à rappeler les
transformations qui se sont produites dans l’entourage immédiat du château.
Les assemblées qui eurent lieu à la Maison nationale pendant la République Helvétique, avaient prouvé qu’aucune de ses salles ne pouvait recevoir une forte agglomération. Tout au plus les deux diètes restreintes de 1801 et 1802 avaient-elles pu s’y tenir. Le premier Grand Conseil se réunit à la Maison de ville de la Palud le 14 avril 1903. Il y siégea toute l’année. Une de ses premières décisions fut, il est vrai, de se transporter au château, mais cette résolution fut reconnue inexécutable. Le 5 mai, le Petit Conseil décida de démolir l’ancienne « maison du Chapitre » et les prisons annexes, où depuis la Révolution la Municipalité de Lausanne avait installé l’œuvre des « soupes économiques », et de construire un nouvel édifice sur l’emplacement de cette maison et du jardin attenant. L’architecte Perregaux fut chargé de dresser les plans, qui furent adoptés le 1er août par le Petit Conseil, et qui prévoyaient le maintien des caves et entresols de l’ancien bâtiment. Il se mit immédiatement après à l’œuvre. Le 8 août, il obtenait du Petit Conseil l’autorisation de faire « couper 160 plantes de bois dans la forêt de Tévêque pour la ramure de la salle du Grand Conseil. » Pour la session de mai 1804 *, le nouvel édifice était achevé, ainsi que le péristyle dont on l’a fait précéder. Une petite terrasse, ombragée de trois acacias, séparait ce pérystile du corps de garde, l’ancien bâtiment des huissiers et des servantes du régime bernois.
1 En janvier 1804, on éleva la ramure de l’édifice; à cette occasion, le Petit Conseil accorda aux ouvriers la collation d’usage et fît, en outre, distribuer à chacun d’eux une cocarde aux couleurs cantonales.
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Le tribunal d’appel ou tribunal cantonal avait été installé le 30 juin 1803 dans une des salles du château où avait siégé le tribunal du canton pendant la période helvétique. Mais il n’était là que provisoirement. Dès le 5 mai, le Petit Conseil avait décidé de le placer dans les anciennes écuries baillivales, qui servaient depuis de fenil, et le tribunal d’appel y siégea dès que les aménagements nécessaires eurent été effectués suivant les plans de l’architecte Perregaux et un devis montant à 3112 livres. Ce n’était pas une installation brillante, et les juges se plaignirent souvent de l’exiguité et de l’incommodité du lieu. Même, en 1829, la cour ayant à rendre un grand jugement public, dut siéger au péristyle du Grand Conseil sur une estrade spécialement aménagée à cet effet. L’année suivante, l’Etat acheta la maison de Puynes voisine du tribunal et l’y incorpora. Mais cela ne suffit pas. La construction d’un nouvel édifice fut décidée en 1832. L’ancien bâtiment, qui était un peu plus au nord que la maison actuelle, fut aussitôt démoli, et les juges allèrent se loger provisoirement dans la cure du professeur de belles-lettres. Ils y demeurèrent pendant deux ans, parce que l’élaboration des plans de l’architecte Perregaux fut difficile. On se décida en effet, en cours de route, à acheter encore la maison Bergier et Wagnon, qui était voisine, et le bâtiment nouveau emprunta finalement aussi bien l’emplacement de cette dernière que celui des anciennes écuries. La demeure actuelle du Tribunal cantonal fut achevée en 1834.
Enfin, en 1809, une dernière construction fut édifiée. On démolit le rempart crénelé entre le château et la porte Saint-Maire, on combla en partie le fossé, et l’on
Château Saint-Maire.
Extrait du plan Berney (1827).
établit sur cet emplacement un nouveau bâtiment qui servit tout d’abord de Conciergerie, soit de prison. Il comprenait primitivement trois pièces pour le géôlier, deux chambres d’arrêt, un bûcher et une loge pour la pompe à feu. Il fallut déplacer la fontaine et ouvrir une porte conduisant directement de la Barre au fossé du château, celle-ci en remplacement d’une autre, murée en 1804 et qui donnait sur le Chemin-Neuf. Le commissaire général des guerres s’installa plus tard dans ce bâtiment, et finalement, les locaux furent occupés par le département militaire. Ce dernier bâtiment a disparu en 1891, après la démolition de la porte Saint-Maire (6 janvier- 7 février 1890) à laquelle il était adossé, et la construction de l’Ecole de chimie.
Il y a un quart de siècle, un vieillard M. Sorbière, rappelant ses souvenirs de jeunesse, décrivait en ces termes la place du château telle qu’elle était vers 1825 :
« La cour du château était fermée par un mur d’enceinte partant de la porte Saint-Maire et aboutissant près de la maison Gindroz, actuellement Bize, en formant un rond-point devant la Tournelette. (Département militaire en 1910.) En face de la Caserne no 1 (l’ancien grenier de Saint-Maire, devenu arsenal en 1803) se trouvait l’entrée, fermée par une grille surmontée des armoiries du canton. Au centre de la cour, une jolie fontaine. A droite, se trouvait un jardin longeant la façade méridionale du château et séparé de celuici par un fossé. A gauche, un autre jardin longeait le bâtiment du Tribunal d’appel, alors fort restreint, puisqu’il ne comprenait qu’un rez-de-chaussée. (C’est l’édifice antérieur à 1832.)
» Au fond de la cour, où se trouve aujourd’hui la balustrade, était un bâtiment qui renfermait le corps de garde et la salle de police. Un péristyle ouvert, avec arcades, le reliait au château. Sous ce pérystile restaient en permanence six pièces de canon, du calibre
1 Conteur vaudois, 31 janvier 1885.
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de quatre, à l’usage de l’école militaire d’artillerie du contingent de Lausanne, dont la revue se passait sur le Chatelard, plateau qui domine les plaines du Loup. »
Cet aspect de la place du château fut bientôt modifié, conséquence prévue de la construction du nouveau bâtiment du Tribunal d’appel. On avait jusqu’alors accès à ce dernier par l’avenue du château qu’un jardin-terrasse séparait, à gauche, du tribunal. La maison réédifiée, cette entrée fut supprimée, ce qui entraîna la disparition du second jardin à droite de l’avenue, « le jardin de M. le chancelier » du plan Berney. Le plan de déblaiement, approuvé le 28 janvier 1835, fut exécuté dès le mois suivant. Pendant ce travail, on découvrit1 « les fondations d’une ancienne chapelle en carré long, dont le chœur était parqueté de dalles de pierre. Près de là gisaient des ossements humains et trois tombes creusées dans du grès du Jorat et recouvertes de ce même grès. Dans l’intérieur se trouvaient des ossements décomposés. » C’était l’église Saint-Maire. Si nous ne faisons erreur, les ossements furent jetés au Flon, ce qui est infiniment regrettable, d’autant plus que les trois tombes auraient peut-être donné des éclaircissements sur la chapelle primitive de Saint-Thyrse et la sépulture de l’évêque saint Maire.
Il avait été facile de démolir. Il fut beaucoup plus difficile de reconstruire. En attendant un aménagement définitif, on avait établi une pente montant jusqu’à l’entrée du château, en même temps que l’on avait comblé partiellement les anciens fossés et transféré ailleurs les
1 Martignier et de Crousaz, Dictionnaire historique du canton de Vaud, p. 513.
deux bûchers qu’ils contenaient depuis le dix-huitième siècle. Le Conseil d’Etat ne voulut pas d’un plan d’ensemble de nivellement de la place, esquissé par M. Perregaux. On fit un concours, qui ne donna qu’un faible résultat, un seul projet ayant été présenté. En 1838, l’ingénieur Wenger élabora un nouveau plan, prévoyant l’établissement de deux terrasses, inférieure et supérieure; le gouvernement l’adopta, mais n’osa pas le présenter au Grand Conseil pour des raisons budgétaires. (Le devis était de 14 000 francs.) La question fut reprise en 1841 et 1843, sans résultat. Enfin, le 25 novembre 1844, le Conseil d’Etat adopta un nouveau plan que lui présentait la commission des travaux publics avec un devis de 25,000 francs. Le Grand Conseil accepta ce projet dans sa session de décembre et il reçut son exécution immédiatement après la Eévolution de février 1845.
Ce projet était le plus radical de tous ceux qui avaient été présentés jusqu’alors. Il comprenait en effet la démolition de tous les édifices attenant au mur de soutènement du côté du Chemin-Neuf, l’ancien rempart, c’està-dire des chambres du pont où le département militaire siégeait depuis que le Conseil d’Etat y avait renoncé, de l’ancien péristyle construit en 1733, des masures du corps de garde qui pouvaient bien dater (quoique remaniées) de la période épiscopale. A la place de tout cela, on créait une belle terrasse, reliant directement le château au Grand Conseil et au Tribunal cantonal. Une rampe d’escaliers extérieure était construite pour arriver à l’entrée du château, débarrassée de la verrue du pavillon d’été. Le plan inférieur était moins transformé à cause de la nécessité de le relier à l’entrée du commissariat des
guerres ; les deux plans étaient reliés par une rampe d’escaliers.
Le remaniement de 1845 a été complété en 1890 par l’abaissement de deux mètres encore de la place inférieure du château, ce qui a obligé à l’établissement d’une seconde rampe d’escaliers pour parvenir à la terrasse supérieure.
Dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, le château a subi encore de multiples petites transformations intérieures, mais elles intéressent surtout l’architecte d’une part et les services administratifs de l’autre. Il faut cependant noter la restauration plus ou moins réussie de la « chambre de l’évêque » en 1847, les travaux de restauration commencés en 1898 à la façade méridionale par M. l’architecte Jost avec le concours d’une commission spéciale, travail qui accompagna la pose de la statue élevée par le peuple vaudois à la mémoire du major Davel, notre héros national, à deux pas de l’endroit (tour Saint-Maire) où il fut emprisonné. A l’entrée même du château, depuis 1900, une autre statue se dresse, celle du colonel Veillon, le dernier commandant des milices vaudoises.
A la suppression de la porte Saint-Maire près, ces transformations ont été heureuses. L’ancien château épiscopal, la demeure redoutée des baillis, se dresse aujourd’hui plus imposant, plus fier, plus libre, au-dessus de la ville heureuse qui a enfin réalisé la liberté que Davel avait rêvée pour son pays.
l\Î. REYMOND
Le
Cliâleau d;ms
l’é(at actuel.
Extrait de Lausanne à travers les âges.