LA SERVANTE
Et puis, des cartes que le portier vient de monter.
MADAME GERVAIS
Donnez. (la serrante sort.)
MADAME GERVAIS, regardant les cartes.
Madame Romanet. — M. Bacier. -— M. Hervel. — Madame Gustave Huet. — M. Vincent... Qu'est-ce que c'est que ça, M. Vincent? je ne le connais pas. fLisant.) « Attendra chez lui jusqu'à une heure. » Eh bien, qu'il attende! qu'est-ce que ça me fait? — En fmirat-e]le avec son gilet? — Vincent! Le portier se sera trompé. Je lui ferai redescendre cette carte. (Appelant.) Andrée! (Andrée et Bruel rentrent.)
AND RÉE.
Me voici, ma tante.
MADAME GERVAIS
C'est heureux! — Prends mon écheveau. (Andrée
prend l'écheveau, et madame Gervais, sans y songer, enroule la laine autour de la carte de Vincent.)
BRUEL, allant h la pendule.
Midi quarante minutes!
MADAME GERVAIS, 5 Bruel.
Prenez garde à ma potiche.
BRUEL
Ainsi, il n'est venu personne pour moi?
MADAME GERVAIS
Je vous ai déjà dit que non.
BRUEL
Bien sûr?
MADAME GERVAIS
Est-ce que vous me soupçonnez de vous dissimuler comme un objet précieux?
BRUEL
C'est incroyable ! — Et cette lettre du Havre qui n'arrive pas! Le portier monte-t-il les lettres?
MADAME GERVAIS
A quoi voulez-vous qu'il les emploie? Vous allez casser ma potiche.
BRUEL
Une heure moins un quart!
Je vous préviens que j'attribue une certaine valeur à cette potiche.
BRUEL
Eh bien! je ne la mange pas, cette potiche.