ACTE PREMIER
Dites vite.
ANDRÉE
Depuis quelques semaines, il est triste et découragé. Les premiers jours que j'étais ici, il semblait heureux, il aimait Tavenir ; maintenant, il blâme tout, il veut être riche, il renonce à la médecine, il vous évite, il ne croit pas que personne l'aime, il est très méchant. Ne lui dites pas que je l'ai dénoncé, mais il est indispensable que vous lui parliez.
Certes, je lui parlerai! Olivier malheureux! Ah bien! vous me payez comptant la nouvelle que j'apporte.
ANDRÉE
Quelle nouvelle?
Votre père va rentrer?
ANDRÉE
C'est à mon père que vous apportez une nouvelle ? Et vous venez tout exprès du Havre? Elle est donc nauvaise !
Nous le sauverons.
ANDRÉE
Il est en danger !
Soyez tranquille, me voici.
ANDRÉE
Monsieur, je vous en prie, dites-moi tout. J'ai perdu ma mère tout enfant, alors j'aime mon père pour deux. Il aura besoin d'être consolé, ne me cachez rien. J'ai de la force. Je peux supporter tous les chagrins, même ceux de mon père.
C'est vrai, je sais quelle noble et brave nature vous êtes. Et votre père n'aura pas trop de nous deux. Écoutez donc. Mais vous ne savez pas comme cela m'est dur de vous affliger. Pardonnez-moi ce que je vais vous apprendre.
ANDRÉE
Je vous en remercie.
Vous êtes ruinée.
ANDRÉE
Mon pauvre père!
Vous savez, le commerce ! Il a eu du malheur. Depuis plusieurs années. Ses spéculations n'ont pas réussi. Un associé l'a volé. Vous avez dû le trouver inquiet ces jours-ci; il était tourmenté d'un navire qui était sa dernière chance et qui n'arrivait pas. Par la négligence d'un commis, le Neptune n'avait pas été assuré. Quand votre père s'est aperçu de cette