ACTE TROISIÈME. 'il
qu'elle nous a répondu. Elle va nous tomber brusquement ce soir ou demain matin, et me querellera de ne pas être allé à sa rencontre. Je ne la détromperai pas! Si elle s'aperçoit qu'elle ne m'a pas écrit, elle me le reprochera pendant six mois.
A vous?
BRDEL.
Oui. Ma très chère belle-sœur est ainsi. Bah! elle est un peu comme tout le monde. Qui est-ce qui n'en veut pas aux autres de ses torts envers eux? Qui est-ce qui pardonne le mal qu'il fait? — Ah! le café.
(Barentin entre avec un plateau.) Eh bien, BarentiU, CSt-Ce
enfin cette nuit que nous allons être volés?
BARENTIN
Monsieur plaisante, mais il existe des voleurs.
Et des poltrons.
BARENTIN
Si ça n'était jamais arrivé que des brigands soient entrés la nuit dans les maisons! Mais lisez donc les feuilles !
Andrée, voulez-vous verser le café? (Andrée sert, d'abord
son père, puis Jean Baudry. )
BARENTIN, bas à Jean Baudry.
Monsieur a-t-il pensé?...
JEAN BAVDRY.
Ah! — Mademoiselle, j'ai oublié une commission dont Barentin m'avait chargé. 11 voudrait vous faire une surprise demain; rnaii:, comme il ne connaît pas vos goûts, il m'a prié de vous demander quelle surprise vous désirez qu'il vous fasse.
BARENTIN
Oui, mademoiselle.
A N D R h^ E , souriant.
Je vous le dirai, Barentin.
BARENTIN
S'il vous plaît, mademoiselle, (ii son.)
ANDRÉE, offrant une tasse à Olivier.
Monsieur...
OLIVIER
Non, merci.
JEAN BADDRY, buvant sa tasse.
Tu ne prends pas de café? Tu as tort, il est excellent. Il est vrai qu'à présent, moi, je trouve tout excellent. Prends-en donc. (Olivier va à la table et se verse
du café.) Mademoiselle t'en a versé.
OLIVIER
Ah! oui. (il continue à s'en verser.) BRUEL.
Comme c'est bon, le café!
Gomme c'est bon, la vie ! Quel malheur que le Havre